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2 (1740) Lettres B - CHEG
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4 B A A. B A B.

Roi de Syrie, Baafa fut contraint d'abandonnerRama & de fe retirerdans la ville de Therfa. Ce Prince s’abandonna à toutes les impié-tez de Jéroboam. Dieu pour l’en punir, réfolut d’exterminer tou-te là poflérité. Il lui envoya un Prophète nommé Jéhu, qui luidéclara la vengeance que Dieu avoit deffein de tirer de fon Idolâ-trie , s'il y perliftoit. Baafa irrité de cet avis, AP mourir furle champ le Prophète, auquel il ne furvécut pas long-tems. Ilmourut l’an 3105 du monde, 930 avantJefus Chrift, après avoirrégne 24 ans fur Ifraël, & fut enfeveli "à Therfa avec fes pères.Son fils Ela luifuccéda, & ne régna que deux ans, Zamari ou Zim-ri un de lès Officiers l’ayant tué de fa propre main. * I. ou III. Rois,ch. 15. v. 27. &ch. 1 6.v. 1.1 ,&fuiv. Uiferius, in Annal.

BABA, ou BABBA, Baba, ville de la Turquie d’Euro-pe, dans laBaflè Bulgarie, avec un grand port fur la Mer Noire,ou plutôt une façon de petit golfe, vers les bouches du Danube,entre Proftaviza & Tomifwar. Elle eft encore affez peuplée, &fous la puiflance des Turcs. * Baudrand.

BABA, nom d’un fameux Impofteur, Turcoman de nation,qui parut dans le Mufulmanifme dans la ville d’Amafie l’an 638 del’Hégire, & 1240 avant J. C. Il avoit un Difciple auffi fourbe quelui nommé Ijaac , qui failoit faire à fes Seétateurs cette profeffion defoi, Il n'y a qu'un feul Dieu, & Baba efl fon envoyé. Les Muful-mans indignez de ce que Baba dégradoit ainfi leur Prophète, &qu’il prenoit fa place, firent tous leurs efforts pour fe faifir de faperfonne; mais ce fut en vain: car il étoit fuivi de tant de gens,qu’il mit bientôt fur pié une greffe armée, avec laquelle il ravagea& pilla une grande partie de la Natolie. Mais les Mufulmansayant eu recours aux Francs, & fe joignant à eux, le pourfuivirentfi vivement, qu’il fut entièrement défait & fa Seéte dilfipée l’an deJ. C. 1240. * Ben-Schohna.

BABAS, homme illuftre par fa vertu & par fa prudence, ren-dit des fervices confidérables à Hérode l'Afcalonite ; mais fon méritedonna de l’ombrage à ce Tyran, qui, pour recompenfe des bonsconfeils qu’il en avoit reçus, lui fit crever les yeux. Cet hommeefl aufli connu dans l’Hiftoire par la valeur de fes fils, & par lamanière cruelle dont ils furent traitez par Hérode Afcalonite. Lacaufe de fa haine contre eux venoit de ce que lorsqu’il affiégeoit Jé-rufalem fous le régne d’Antigone, la plus grande partie du peuple,laffée de tant de maux que ce fiége lui failoit fouffrir, vouloit luiouvrir les portes : mais les fils de Babas qui étoient en grande au-torité , & très-fidéles à Antigone s’y oppoférent ; parce qu’ilsétoient perfuadez qu'il étoit plus avantageux à toute la Nation d’êtrecommandée par des Princes de la race royale que par Hérode.Quand donc ce dernier eut pris la ville, il donna ordre à Coftoba-re Iduméen fon beaufrére d’en garder les avenues pour empêcherde fortir ceux qui lui étoient contraires. Mais comme Coftoba-re favoit quel étoit le crédit des fils de Babas parmi le peuple, ilcrut qu’il lui importoit de les conferver, pour s’en fervir s’il arrivoitquelque changement: ainfi il les fit échapper, & les envoya dansfes terres. Hérode s’en défia ; mais Coftobare aflùra fi affirmative-ment avec ferment qu'il ne favoit ce qu’ils étoient devenus, que cefoupçon s'effaça alors de l’efprit d’Hérode. Mais Salome, fceur dece Monarque, s’étant brouillée avec Coftobare fon époux, jufquesà lui donner, comre l’ufage de la loi, la lettre de divorce, manife-fla à Hérode la conduite de Coftobare à l’égard des fils de Babas.Auffi-tôt Hérode envoya dans les lieux où ils s’étoient retirez, &les y fit tous tuer avec ceux qu'il croyoit coupables du même crime,afin que ne reftant plus, dit Joféphe , un feul de la parenté d’Hircan,perfonne n’ofàt réfifter à fes volontez quelque injuftes qu'elles fuf-fent. * Jofeph, Hift. Judaïq. I. 15. ch. 12.

B A B E K, furnommé Horremi ou- Horremdin , c’eft à dire, leTrofefleur ou l’Auteur d'une religion de joye & de plaifir, natif de làprovince d’Adherbigian, failoit profeliion ouverte d impiété, n’é-tant attaché à aucune religion ou Seéle de toutes celles qui étoientconnues en Afie. Il parut l’an 201 de l’hégire, & 816 de J. C.& fe fit fuivre en peu de tems par beaucoup de gens. Il fe trouvaenfin à la tête d’une grande armée avec laquelle il courut la campa-gne, défit & tua de fà propre main le Général que le Calife Al-Mamon avoit envoyé contre lui. Motaflèm, foccefleur d’Al-Ma-mon, fut obligé d’employer toutes fes forces pour le réduire -, & cefie fut qu’après bien des combats, qu’on fe faifit de fa perfonne, &qu’on lui fit fouffrir une mort cruelle, de même qu’à fes complices,qui avoient fait mourir une infinité d’innocens. * D’Herbelot,Biblioth. Orient.

BABEL, mot Hébreu qui fignifie confufion ; c’eft le nom d’u-ne ville & d’une tour dont il eft fait mention dans la Genéfe, ch. 11.& que les Defcendans de Noé entreprirent de bâtir après le délugedans la terre de Sennaar, proche de l’Euphrate, voulant fignalerleur nom avant que de fe difperfer par toute la terre. C’eft à cetems qu’il faut rapporter cette confufion des langues qui arrêta le tra-vail de ceux qui vouloient élever une tour jufqu’au ciel. L’opinioncommune eft, qu’il n’y avoit eu jufqu’alors qu’un feul langage dansle monde ; mais que cette confufion en fit nâitre pluüeurs. Genéfe,ch. 11. Voyez, faint Jérôme , fur le ch. 26. de faint Matthieu. S.Auguftin, delà Cité de Dieu, î. 16. c. 3. n. Clément Alexan-drin, l. i.Stromat. S. Epiphane, des tiéréfies, l. 1. héréf. 39. Lefentiment de Cafaubon le fils eft, que la confufion dont Dieu frappales hommes lorsqu’ils bâtifloient la tour de Babel, n’étoit qu’un cer-tain trouble dont ils forent faifis, qui failoit qu’ils ne s’entendoientpas les uns les autres, & que la diverfité des langues fut l’effet, &non pas la caufe de la divifion des peuples ; mais le texte de l’Ecri-ture-fainte parôit formellement contraire. Cependant faint Grégoi-re de Nyjfe autorife cette explication. La plupart des Anciens ontcompté le nombre des langues de la confufion des chefs de familledefcendans des quatre fils de Noé , qui font au nombre de 70 fé-lon l’Hébreu & la Vulgate, & de 72 lelon la Verfion des Septante.Les Pères font prefque tous de ce fentiment, & s’en expliquent endivers endroits de leurs Ouvrages. Pacien de Barcelone eft le feulqui en met 120, fans en donner la raifon. Philaftrius foutient que

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l’on le fervoit de plufteurs langues avant cette confufion de la Tourde Babel ; ce qu’Alfonfe de Caftro condamne comme hérétique.D’autres les fixent à un beaucoup moindre nombre, & les redutientà fix ou fept langues matrices.

Nemrod, un des petit-fils de Cham, qui étoit un des trois enfuisde Noé, forma, félon plufieurs Interprètes, le deffein d’élever cet-te tour jufqu’au ciel, non feulement pour rendre fia mémoire éter-nelle, mais aufli pour en faire un alyle en cas qu’il arrivât un nou-veau déluge. Il choilit pour cette entreprife une vafte campagnedans la terre de Sennaar, qui a été depuis connue fous le nom deChaldée ; & ce fut l’an du monde 1802 lelon nous, 2233 avant JefusChrift, & 2481 de la Période Julienne, qui eft la 146 après le dé-luge. Phaleg, du tems de qui l’Ecriture remarque que la divifion desnations arriva, étoit âgé alors de quatorze ans, & par conféquent ilétoit encore le dernier des Patriarches de la famille de Sem: ceque l’Ecrivain làcré a fans doute voulu faire entendre ; & par là onvoit comment Callifthéne a pu envoyer à Arillote des obfervarionscéleftes de 1903 ans faites à Babylone : car on trouve ce nombred’années depuis celle où nous fixons la fondation de la Tour de Ba-bel , jufqu’à celle où Alexandre fit fon entrée dans Babylone, quieft la 330 avant Jefus Chrift. Le corps de l’ouvrage fut fait de bri-que , à laquelle on donna de la liaifon avec du bitume, qui eft fortcommun en ce païs-là. Quoique l’on ne fâche point précifément dequelle forme étoit cette tour, néanmoins l’opinion commune eftqu’elle étoit ronde. Lorsqu’elle fut élevée julqu’à une certaine hau-teur, Dieu fit le prodige étonnant de la confufion des langues, pouren empêcher la continuation : d’où cette tour fut depuis nomméeBabel ou Confufion. Les Poètes Grecs & Latins, qui font venus plu-fieurs fiécles après, ayant ouï parler confolément de cette hiftoire,l’ont embellie à leur manière, & ont feint que les Géans, voulantmonter jufqu au ciel pour en chaflèr les Dieux, entaflërent plufieursmontagnes les unes lür les autres ; mais que Jupiter lança fes foudres& accabla ces Géans fous les ruines des montagnes qu’il renverla fureux. Il eft aifé de faire l’application de cette fable à la vérité del’Hiftoire. Nemrod, qui étoit de taille gigantefque, avec fes Su-jets, eft répréfenté par les Géans dej. Poètes. La tour, qui devoitêtre d’une largeur & d’une hauteur pf adigieufe, eft ce que les Poètesont nommé les Monts Pélion, Ollà, &c. élevez les uns fur les au-tres.

On voit encore, dit-on, les ruines de cette fàmeufe tour à unquart de lieue de l’Euphrate vers l’orient. Le bas eft à peu près deforme quarrée, & le circuit d’environ onze cens cinquante pas : lehaut fe termine prefque par tout en pointes comme des pyramides.Ces ruines font pour la plupart de briques qui n’ont point été cuitesau feu, mais féchées au foleil. Elles font jointes avec du mortier deterre. où l’on a mêlé de petits rofeaux brifez, afin que ce mortier& la brique ne fillènt plus qu’un même corps. Néanmoins dansquelques endroits où l’éuifice devoit être plus loiide, il y a des bri-ques cuites au feu, jointes enfemble avec du bitume, ainfi que l’aremarqué Pietro délia Valle , qui fit deffiïier les deux plus beauxaipeéts de ces ruines, lavoir, le feptentrional & le méridional, &qui dans la fuite étant de retour à Rome, fit préfent de ces deflèinsau PéreKircher Jéfuite, lequel les a fait graver. On doute, avecbeaucoup de fondement, que ces ruines foient celles de la tour deBabel ; mais quelques Auteurs ne font aucune difficulté de le croire.Voici leurs raifons, qui ne font pas fans répliqué. La première eft,que c’eft une tradition confiante dans le pais, où l’on nomme cesgrands amas de briques Babel, en langue Arabefque. La fécondéeft, que la fituation de ces ruines eft la même que celle de l’ancien-ne tour, & que le champ de Sennaar, où elle étoit bâtie, eft encet endroit. La troifiémé enfin, que l’Ecriture-fainte nousaflüreque cet édifice étoit de brique & de bitume, qui eft la matière quel’on voit dans les débris qui en reftent aujourd’hui. * Le Père Kir-cher, Turris Babel, lib. 2.

Il y a quelques fuppofitions dans cet article qui ne paroiflèntapuyées fur aucun fondement folide. 1. Que les Entrepreneurs dela tour de Babel ayent voulu fe fignaler avant que de fe difperfer furtoute la terre. Le texte Hébreu porte au contraire que le but de cetteentreprife étoit en partie, de peur qu'ils ne fuflèntdifperfez.. 2. On attri-bue le projet de cette entreprife à Nemrod, cependant Moïfe ne ditrien de tel. 3. On croit qu’une des vues des enfans de Noé étoit defe mettre, par cet édifice, à couvert d’un nouveau déluge ; mais ou-tre que l’Ecriture ne dit rien de femblable, & que la mémoire dela promeffe de Dieu devoit être préfente à l’efprit de Noé & de fèsenfans, auroient-ils choifi une plaine dans cette vue. Tout ce queMoïfe dit du deflein de ces Archueétes eft renfermé dans cesmots, Aquerons nous de la réputation, de peur que nous ne ferions difper -fez. fur toute la terre. Genéfe, ch. 11. v. 4.

Cafaubon le fils n’eft pas le feul qui croye que la diverfité des lan-gues fut l’effet &non la caufe de la difperfion des peuples. C’eftaufli l’opinion de l’Auteur des Sentimens de quelques Théologiens deHollande, &C. lett. 19. p. 435. &C. Il prétend qu’être d’un mêmelangage, ne fignifie dans le paflàge de Moïfe, rien autre choie qu ‘êtreparfaitement d’accord. Ainfi ^1 eft dit, Jofuê, ch. 9. v. 2. que lesRois des Cananéens s’aflèmblérent pour combattre Jofué & Ifraël,d’une même bouche, Thééchad, c’eft à dire, d un commun confen-tement, d’où vient que les Septante ont traduit afau tous en-

femble, & la Vulgate, uno anima, eademquefententia. On cite enco-re, I. ou III. Bois, ch. 22. v. 13. Sur tout on ne doit pas oublierle paflàge de S. Paul, I. Cor. 1. v. 10. to àuro A éyyiro trdvriq, ceque les différons Traducteurs ont rendu par ces mots, parlez, tousun même langage. Or il eft vifible que 1 Apôtre n exhorte dans cetendroit les Corinthiens qu’à l’union des fentimens- De là l’on con-clut que la confufion que Dieu fit gliflèr entre, les Defcendans deNoé, fut une diverfité de fentimens $ & qu’enfiiite les familles étantdifperfées, il en réfulta plufieurs efpéces de langues qui retinrentbeaucoup d’affinité entre elles comme dépendant de celle qui avoitété commune à tous. ...

Ceux qui réduifent à fept les langues originales qui partagèrent les

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