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Defcendans de Noé après laconfufion, nomment l’Hébraïque, laGréque, la Latine, l'Allemande ou la Teutonique, l’Efclavonne,la Tartare, la Chinoife. On croit que les langues Chaldéenne,Syrienne , Cananéenne , Punique , Arabe , Arménienne, Ethio-pienne tk Perfane, font toutes forties de la langue Hébraïque. Ondérive de la langue Gréque, outre les quatre dialeétes principales,l'Egyptien moderne. On croit que la langue Latine a produit l’an-cien langage des Vollques, des Samnites, desTofcans, l’Italien,l’Efpagnol, le Gaulois ou François. On place fous la langue Teu-tonique, FAllemand vulgaire, l’Helvétique ou Suiffe, la languede la Souabe, de la Weftphalie, de l’Autriche, des Païs-Bas, lalangue des Cimbres, d’où font forties les langues que l’on parle enDanemarck, en Sue'de, en Norvège, en Angleterre._ On foumetà la langue Efclavonne celle de Dalmatie, Mofcovie, Croacie,Pologne, Bohême, Lithuanie, Vandalie. La langue des Tartaresa produit celle des Turcs & plufieurs autres langues de l’Europe.Le Père Alexandre, après Bochart, doute fi la langue Perfane eftune langue originale. On peut voir tout cela plus au long dans lesAuteurs qui ont écrit des Prolégomènes fur l’Ecriture, & Bochartdans Ion Phaleg. lib. i. c. 15. * Dom Calmet, Comm. in cap. 11.Gcnefeos. Sur l’article de Babel voyez encore le Dicl. de la Bible duPere Simon dans l’article de Baal.
B ABELM AN DEL, Babelmandelialnfula , ifle d’Afriqueau milieu du détroit de la Mer Rouge, où elle fe joint à l’Océan.Elle a donné le nom au détroit de Babelmandel. On l’appelle aufliquelquefois Naom1. Elle a deux lieues de long, & un quart de lieuede large ; mais elle eft inhabitée, n’étant proprement qu’un rocher,& le paU'age qui la fépare de la terre ferme, eft fort rempli derochers : ce qui eft caufe qu’on l’attribue plutôt à cette partie-làqu’à l’Arabie, dont elle n’elt guéres plus éloignée. * Baudrand.
BABELMENDEB, entrée du Golfe Arabique, étroite &dangereufe à caule des bancs, où il fe fait quantité de naufrages.* Ludolf, Hiftoire Ethiopienne, livre 1. chap. 2.
B A B E L O T, Aunfjnie’ du Duc de Montpenfier pendantles guerres civiles de France fryus (harles IX, fe diftingua tellementpar fa cruauté, qu’il s’eft aqtiûs me place bien remarquable dansl’Hiftoire. C étoit un Corderer, qui avoit quitté le Clôitre pourfuivre les Armées, par la haine implacable contre les Calviniftes,dont il étoit potlëdé. Elleétoit fi peu conforme à fon caraftére & àfa profeifton, que loin de fauver la vie à ceux que le fort des Ar-mes réduifoit à la difcrétion de Montpenfier, il follicitoit obftiné-ment qu’ils fulTènt punis du dernier fupplice, & ne pouvoir fouffrirque l’on pardonnât à aucun d’eux. Cette foif du lang Calvinifte,que les deux premières guerres n’avoient pu étancher, s’augmentoitdans la troiliéme, lorsque les Soldats du Prince de Condé, Chefdes Proteftans, avertis que Babelot s’étoit enfermé imprudemmentdans Champigny, ville de Poitou apartenant au Duc de Montpen-iîer, livrèrent un affaut fi furieux, qu’ils emportèrent la Place. Leplaifir de ïè voir mâitres de la perfonne de celui qu ils regardoientcomme leur bourreau, les rendit plus humains à l’égard de la Bou$-geoitie de Champigny. Ils lui pardonnèrent & déchargèrent touteleur colère fur Babelot. Ils le pendirent à un gibet extraordinaire-ment haut, &, fi on lui donna le tems de fe préparer à la mort, cene fut que pour avoir le loifir de lui faire des reproches de fa cruau-té. La vengeance, que le Duc de Montpenfier, qui l’aimoit, pritde Ion fupplice fur les Calviniftes, quand le hazard ou la fbiblelïèles jettoit entre fes mains, mit pour quelques femaines la mauvaifeguerre entre les deux Partis, c’eft à dire, qu’ils ne fe faifoientpoint quartier les uns aux autres. Les Soldats de Brijfac égorgèrentla Garnifon de Mirebeau : quoi quelle eut capitulé dans les formes ;& d ’Andelot traita de même celle de S. Florent. Brantôme croyoit Ba-belot capable d’une autre forte de crimes, c’eft à dire, d'infpirer àfon Mâitre la brutalité de faire violer les Femmes. Varillas, Hi-ftoire de Charles IX. Brantôme, Mémoires, tome 3.
BABEMÉSE'S. Cherchez B E T I S.
BABENBERG ( Ludolphe. ) Voyez LUDOLPHEdeBABENBERG.
BABENHAUSEN, bourg de la Souabe avec Abbaï’ede l’Ordre de Cîteaux province d’Allemagne. Il eft dans le Du-ché de Wirtemberg, à deux lieues de Tubingue du côté du nord.Elle fut fondée en 1187 par Rodolphe de Tubingue, Comte Palatin ;mais dans le tems de la Réformation de Luther, elle fut changéeen Collège. Quelques Géographes prennent ce bourg pour l’an-cienne ville de Bibonum, que d’autres placent à Bebling, village dela même contrée, fitué entre Babenhaufen & Tubingue. * Maty,DiSlion. Géogr.
BABENHAUSEN, bourg d’Allemagne, fitué en Soua-be fur la rivière de Guntz, entre la rivière de Burgaw & celle deMemmingen. Quelques Géographes prennent ce bourg pour celuiqu’on nommoit anciennement Febiana Caftra , que d’autres Géogra-phes croyent être la ville de Burgaw. * Maty, DiSl. Géogr.
B A B I L O N E. Voyez BABYLONE.
BABILONIS eft un village de l’ifle de Sardaigne, fitué en-tre la ville d’Oriftagni & celle d’IgneMs. On croit que c’eft-là oùétoit la ville que l’on nommoit autrefois Fopulum. * Maty, Dicl.Géogr.
B A BIL U S Aftrologue, vivoit du tems de Néron. Cet Em-pereur, effrayé de l’apparition d’une comète, confulta Babilus, quirépondit que l’Empereur pouvoir détourner fur les perfonnes lesplus illuftres de l’Etat le malheur dont elle le menaçoit. Ce fut leprétexte d’une cruelle perfécution contre les Sénateurs les plus quali-fiez. * Suétone, vie de cet Empereur.
* BABIN AGROd, petite fortereflè dans l’Efdavoniedans une ifle que fait la Save pas loin de Brod. En 1693, le troifié-me juillet, les Turcs forent battus devant cette place par le Géné-ral Kiba, qui leur fit lever le fiége. * Gr. DiSl. Univ. Uoll. Ricaut,Empire Ottoman.
B A B I N E , Terre noble en Pologne qui n’eft pas éloignéede Lublin. Il y along-tems que la maifon de Pfomka en eft en pof-
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fe filon, & qu’ils fe nomment Seigneurs de Babine. Pierre Pfomkaeft fort connu, parce qu’en 1331, il introduifit les Lithuaniens enPologne, par des chemins détournez & donna par là occalion àplufieurs malfacres. A la Cour du Roi Sigifmond Augufte, il yeut un particulier de la famille de Pfomka qui, conjointement avecPierre Calfovius, Baillif de Lublin, forma une Société que lesEcrivains Polonois appellent U République de Babine, & que les Al*lemans nomment la Société des fous. Cette Société étoit réglée forle modèle de la République de Pologne; elle avoit fon Roi, fonChancelier , fes Confeillers , fes Archevêques & Evêques, fesChâtelains &c. Pfomka portoit le titre de Capitaine dans cette Ré-publique , Cajfovius celui de Chancelier. Aullitôt que quelqu’un fai-foit ou difoit quelque chofe de mal-féant ou à contre-tems, on luidonnoit une charge, & on lui enadreffoit la vocation, qu’il faloitbien fe garder de refufer, de peur de tomber de mal en pis. Parexemple, lorsque quelqu’un parloit trop, on le nommoit Orateurde la République-, s il parloit des chiens mal à propos, il avoit lacharge de grand Véneur de la Couronne -, s’il fe vantoit de fon coura-ge , on le créoit Chevalier, ou Feld-Marfchal ; s’il montroit un zélébigot pour les affaires de Religion, on lui expédioit des lettres d'in-quijiteur &c. Lorsque le Roi de Pologne demanda un jour àPfomka, s’ils avoient auiïi choili un Roi dans leur République? Si-re , répondit-il, Dieu nous garde de penfer à élire un Roi, tant que V.M. vivra, vous ferez Roi de Pologne & de Babine. La répliqué nedéplut point au Roi, & il continua à demander jufques où s’éten-doit la République? Pfomka répondit, fur toute la terre, puisqueDavid avoit dit que tout homme étoit menteur. Cette Société s’au-gmenta tellement, en peu de tems, qu’il n’y eut prefque perfonne àla Cour, qui ne lût honoré de quelque emploi de la République,dont les Chefs étoient des plus accréditez auprès du Roi de Polo-gne. Le but de cette Société étoit d’apprendre de bonne heure auxjeunes Nobles à fe garder de prendre de mauvaifes manières. Uneloi fondamentale de cette République étoit de n’y point recevoir deCalomniateurs. Le lieu où ils s’afîèmbloient fut nommé Gelda.Ce mot qui à Dantzik lignifie une efpéce d’auberge où pour fon ar-gent on trouve des viandes toutes cuites, veut dire en Polonois Babil-lage, ou Conférence où l’on n’avance que des fanfaronnades & deshâbleries. Le Régiment de la Calotte, érigé depuis quelques an-nées à la Cour de France, a beaucoup de rapport avec la Républi-que de Babine. * Sarnic. Annal. Pol. I. 8. p. 395. Dlugoff. Hift. Poll. 9. Gryph. v. R. O. p. 122.
B ABlNGTON, (Antoine) Gentilhomme de Derbyfhireen Angleterre, pouffé par un zélé aveugle, pour la Religion Catho-lique Romaine & par un défir exceffif de meure en liberté Marie,Reine d’Ecoflè, fè lia avec quelques autres pour affafliner la ReineElizabeth. Jean Ballard Prêtre du Séminaire de Rheims avoit le pluscontribué à porter Babington à cette déteftable entreprife. Il yena qui avancent qu’on lui avoit fait efpérer que Marie l’accepteroitpour Mari. Babington fe perfuada d’autant plus aifément toutes ceschimères, qu’il étoit jeune, beau, bienfait & riche, & qu’il avoit'reçu plufieurs lettres écrites de la propre main de la Reine Marie.L Ambaffadeur d’Efpagne, Mendoza, étoit auffi très-intéreffé danscette confpiration, qui devoit s'exécuter le 24 d’août 1386. MaisWallingham, Sécrétaire d’Etat, découvrit toute la trame par lemoyen d’un des Conjurez, nommé Polie. Babington tâcha de fefauver par la fuite tk fe cacha pendant dix jours entiers, au bout dePquels il for découvert & condamné àfubir la peine dictée en Angle-terre contre les coupables de haute trahifon. L’exécution fe fit le 13de feptembre. Il eut pour compagnons de fon fupplice Jean Bal-lard, Jean Savage, Barmvel, Tickburne , Tilney & Abington.Ils furent tous pendus pendant quelque tems, & enfuite écartelez.Babington témoigna une confiance extraordinaire. Sept autrescomplices de cette confpiration forent exécutez de la même manièreque les premiers, avec cette différence, qu’on les étrangla avant quede les écarteler. Plufieurs des Catholiques Romains placèrent cesconfpirateurs fuppüciez au rang des Martyrs. Au refte il ne fautpas douter que cette confpiration n’ait hâté le fupplice de la ReineMarie, qui fut décapitée par la main du bourreau. * Thuani Hift.l. 86. De Larrey, Hift. d'Anglet. tome 2. p. 423. c? fuiv.
BABINGTON ( Gervais ) Evêque Proteftant de Worce-fter x en Angleterre, étoit né dans le Comté de Nottingham d’unefamille illuftre. Après avoir été reçu Doéteur dans l’Univerfitéde Cambridge, il fût Aumônier du Comte de Pembrock, qui lui fitdonner la Thréforerie de l’églife cathédrale de LandafFdans la Prin-cipauté de Galles. L’an 1391, la Reine Elifabeth le fit Evêque deLandafF; en 1395, elle lui donna l’Evêché d’Excefter; & trois ansaprès elle le fit paflèr à celui de Worcefter. Il s’aquit de la réputationpar fes prédications & par quelques livres de Théologie qu'il com-pola ; mais qui ne font pas grand’ chofe. Il mourut de lajauniffeen 16 io, âgé de 60 ans. * Heroolog. Angl.
B A B O L C A & BABOLCHA. Voyez B A B O L-Z A dans le Comté de Zygeth.
B ABOLENUS ou BABOLEIN, premier Abbé deS. Maur des Foiï'ez près de Paris, avoit été, à ce qu’on croit, Ditciple de S. Colomban, & Moine du monaftére de Luxeuil. Bli-degifile, Diacre de l’églife de Paris, & Fondateur du monaftérede Saint-Maur des Fofièz, ayant envoyé demander à Luxeuil un Su-jet pour gouverner cette nouvelle Abbaïe, Babolénus fut envoyé,& confacré Abbé par l’Evêque de Paris. Il gouverna le monaftérede S. Maur des Foffez pendant 22ans, fuivant l’opinion de ceuxqui mettent fa mort en 660. Quelques-uns la reculent jufqu’à l’an670, mais on s’accorde à la date du 26 de juin, auquel fa tête eftmarquée dans les Martyrologes. Il y en a qui prétendent qu’il futtiré, non de Luxeuil, mais de l’Abbaïe de Solignac en Limofin.Sa Vie, donnée par ChifHet, eft une pièce pitoyable. Dom Ma-billon a donné un extrait des Auteurs qui ont parlé de Babolénus.
1 * Voyez Bail!et, Vies des Saints, 16 juin.
BABOLZA, BA B'O L I T Z A ou BAKOCHZ \ville de la Baflè Hongrie dans l’Efelavonie, fous la puiffanceeuA 3 Turc,
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