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de pleureurs. Voici ce que Boileau nous dit del’élégie. Après avoir parlé de l'églogue, il con-tinue ainsi:
D’un ton un peu plus haut, mais pourtant sans audace,La plaintive élégie, en longs habits de deuil,
Sait, les cheveux épars, gémir sur un cercueil.
Elle peint des amants la joie et la tristesse,
Platte, menace, irrite, appaise une maîtresse.
Mais pour bien exprimer ces caprices heureux ,
C’est peu d'être poète, il,faut être amoureux.
Je hais ces vains auteurs dont la muse forcée.
M’entretient de ses feux, toujours froide et glacée;
Qui 6’afîigent par art et tous de sens rassis,
1 S’érigent, pour rimer, en .amoureux transis;
Leurs transports les plus doux ne sont (jtte phrases vaines»Ils ne savent jamais que se charger de chaînes ;
Que bénir leur martyre, adorer leur prison.
Et laire quéreller les sens et la raison.
Ce n étoit pas jadis sur ce ton ridicule,
Qu’Amour dictoit les vers que soupiroit Tibulle ;
Ou que du tendre Ovide animant les doux sons.
Il donnoit de sort art tes charmantes leçons.
Il faut que le cœur seul parle dans l’élégie.
Le style de l’élégie doit être simple,parce quele coeur vraiment affligé n’a plus de prétentions £Ü faut que les expressions en soient quelquefois