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darique et la retenue du goût français. Selonles sujets qu’il traite, il a l’élévation d’Alcée,lasensibilité de Sapho, la douceur d’Anaeréon.On a eu raison de dire que plus on le goûtera ,plus on aura fait de progrès dans les lettres.
Arrivés aux Français, saluons d’abord MaUherb e (François de), né à Caen vers ban 1556,et mort à Paris en 1628- Avant lui,notre languedéfigurée par un mélange ridicule de latin et detudesque, n’offroit qu’un jargon désagréable. ILsut en l’affranchissant de ce costume barbare,l’élever jusqu’à la majesté de l’ode; changer lescris effrénés de nos Muses sauvages, en un lan-gage doux, élégant et clair: enfin ce fut lui quifraya à nos auteurs le sentier qui mène au tem-ple du goût. Plaçons ici les deux stances où ilcompare Henri le Grand à un fleuve débordé;on y trouve quelque chose de hardi,de mélo-dieux, qui fait encore plaisir de nos jours.
Tel qu'à vagues épandues.
Marche un fleuve impétueux,
D.e qui les neiges fonduesRendent le cours furieux,
Rica n’est sûr en son rivage.