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Il y a dans l’ode une espèce d’action qu’oùne trouve pas dans l'épopée. Le poëte doit enquelque sorte y être acteur; car s’il n’est pasaffecté des sentiments qu’il exprime,il sera froidet sans ame. Sans doute, toutes les odes nesont pas également passionnées, mais jamaiselles ne doivent comme le poëme épique, s’entenir au récit d’un simple témoin. L'ode oupeint des tableaux, ou exprime des sentiments;et dans l’un et l'autre cas, il faut que le poëtejouisse le premier de l’enthousiasme que ses ac-cents communiqueront aux autres, qu’il éprou-ve les sentiments qu’il veut leur faire éprouver.Déjà, beaucoup plus de chaleur que d’espritdans cette espèce de poë'me lyrique.
Que Je début de l’ode sérieuse soit noble; degrandes idées doivent annoncer des idées plusgrandes encore, quand le sujet est déjà grandpar lui-même. Ecoutons comme J. B. Rousseaucommence une de ses odes: ,
Qu’aux accents de ma voix la terre se re’veille.
Rois, soyez attentifs ; peuples, prêtez l’oreille.
Oue l'univers se taise et me laisse parler.
Mes chants vont seconder les accords de ma lyre.