faut, ou que la décision soit inattendue, ou dumoins, qu’elle arrive par un moyen que per-sonne n’aura imaginé. I! ne peut y avoir un thé-âtre, (fût-ce chez les Hottentots), où tout celane soit observé du mieux qu’il sera possible àl’auteur. Pourquoi? C’est que telle est la mar-che nécessaire de toutes les-actions, de tous lesévènements de la vie humaine, qui rencontrentquelques difficultés, et que s’ils n’en rencon-troient pas,ils ne mériteroient point l’attention.
Boileau nous trace assez succinctement l’ori-gine de la tragédie, et nous indique ceux des an-ciens qui se sont fait un nom dans ce genre; é-coutons-le.
La tragédie informe et grossière en naissant,
N’étoit qu’un simple chœur, où chacun en dansant -,
Et du Dieu des raisins entonnant les louanges,
S’efïorçoit d’attirer de fertiles vendanges.
Là, le vin et la joie éveillant les esprits.
Du plus habile chantre un bouc étoit le prix.
Tbespis lut le premier qui barbouillé de lie,
Promena par les bourgs cette heureuse folie.
Et d’acteurs mal ornés, chargeant un tombereau /
Amusa les passants d’un spectacle nouveau.
Éichyle dans les chœurs jeta les personnages,