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compte d’une bataille ? il n’oublioit rien ; sinonque c’étoit lui qui l’avoit gagnée. Racontoit-il ^quelques-unes de ces actions qui l’ont rendu sicélèbre ? on eût dit qu’il n’en avoit été que lespectateur, et l’on doutoit si c’étoit lui qui setrompoit, ou la renommée. Revenoit-il de cesglorieuses campagnes qui rendront son nom im-mortel ? il fuyoit les acclamations populaires; ilrougissoit de ses victoires ; il venoit recevoirdes éloges comme on vient faire des apologies,et n’ôsoit presque aborder le roi, parce qu'il é-toit obligé par respect de souffrir patiemmentJes louanges dont sa Majesté ne manquoit ja-mais de l’honorer.
4o. ) C’est alors que dans le doux repos d’unecondition privée, ce.prince, se dépouillant detoute la gloire qu’il avoit acquise pendant laguerre, et se renfermant dans une société peunombreuse, s’exerçoit sans bruit aux vertus ci-viles: sincère dans ses discours, simple dans sesactions, fidelle dans ses amitiés, exact dans sesdevoirs, réglé dans ses désirs, grand mêmedans les moindres choses, il se cache, mais saréputation le découvre ; il marche sans suite et