CONSTITUTION DE LA MARINE. ^5
A coup sur, aucun gouvernement europeen ne fait, proportiongardee, d’aussi grands sacrilices, que le ministere anglais, pourassurer, durant la paix, l’existence d’un etat major accru pai'vingt ans de guerres maritimes. Si ce gouvernement a peche,c’est par trop de reconnaissance envers les ofiiciers qui ont elevesi haut les succes et la gloire de sa force navale; c’est en aug-mentant sans mesure le nombre des titulaires de chaque grade,par des prömotions faites depuis le retour de la paix. On ne peutqu’avec une sorte de regret, l’accuser a cet egard de prodigalite.
Mais les eloges qu’on lui doit, pour ce qu’il a fait envers lessimples matelots et les soldats de marine, pour leurs veuves etleurs enfans, ne peuvent etre ohscurcis par aucune observationcritique : c’est la gloire de l’administration britannique.
En parlant des ecoles de la marine , nous ferous connaitre,avec detail, l’admirable Institution fondee depuis la derniereguerre, pour elever aux frais du public, les orplielius des ma-telots. Les depenses annuelles de cet etablissement s’elevent apres d’un demi-million de francs.
C’est au regne de la grande Elisabeth quil laut remonter,pour trouver l’origine d’un Systeme regulier suivi par le gou-vernement britannique , alin d’assurer aux matelots meines ,des secours dans leur vieillesse et leur invalidite. Des lors, sui-vant que lasolde des marins de diverses classes , s’elevait
ä. 10 l. st. io d. i 7 l. sl. 10 d. ; 5 1. st. » d par mois.
on retenait » 6 ; » 4 j ” 3 par mois.
Ces retenues formaient, pour les marins blesses, estropiesou invalides, le fonds de secours, dit Caisse de Chatham;parce qu’elle etait deposee et administree dans ce port.
Jusqu’alors les marins ne devaient aucune reconnaissance al’etat, qui ne faisait qu’indemniser les marins malheureux, auxdepens de leurs compagnons d’armes.