CONSTITUTION DE LA MARINE. 245
ses etats, il eut ete bien plus avantageux de debarquer en Ir-lande. Mais il aurait fallu le tenter par une grande expedition.Si le general Bonaparte, au lieu d’aller conquerir l’Egypte, eutpasse en Irlande avec toute son armee d’Italie , ce royaume eutete certainement perdu pour FAngleten’e ; or, c’etait faire ä cettepuissance un mal irreparable. En debarquant dans la baie deGahyay pour se porter de suite sur les bords du Shannon , onoccupait une tres-belle position ; on insurgeait l’Irlande; onarmait, on organisait des corps de naturels du pays, et l’onchassait les Anglais de cette de. Mais , nous ayons fomente larevolte des Irlandais, en ne leur envoyant que des secours insi-gnifians : ils ont ete les victimes de leur confiance, et des mas-sacres affreux ont suivi 1’insurrection.
Au moment oü notre armee continentale s’elevait au faite desa gloire , par la Campagne et la victoire d’Austerlilz, l’Angle-terre, en detruisant au cap Trafalgar les forces nayales combi-nees de la France et de l’Espagne , s’assurait pour long-temps ,la preponde'rance maritime. Elle se trouvait delivree de toutecrainte d’itrvasion. Des lors eile quitta le Systeme defensif, ets’aventura par degres dans la guerre offensive. Elle echoua d’a-bord dans ses tentalives contre l’Espagne , sous le generalMoore ; et contre la Belgique, sous le general Chatham. Cor-
il dicte en entier Je plan de la Campagne d’Austerlitz , le de'part de tous les corps d’arme'e ,depuis le Hanovre et la Hollande jusqu’aux confins de 1’ouest et du sud de la France.L’ordre des marches , leur durc'e , les lieux de convergencc et de re'union des colonnes ;les enlevemens par surprise et les attaques de vive force , les mouvemens divers del’cnncmi , tout est prevu : la victoire est assuree dans toutes les liypotheses. Telle ctait lajustesse et la vaste pre'voyancc de ce plan , que, sur une ligne de de'part de deux centsIieues , des lignes d’ope'rations de trois cents Heues de longueur furent suivies d’apres les in-dications primitives, jour par jour , et lieu par lieu , jusqu’ä Munich. Au-dela de cette capi-tale , les e'poques seules eprouverent quelques alterations ; mais les lieux furent atteints etl’ensemble du plan fut couronne d’un Sucres complet. Tel e'tait donc le talent mi'itaire decet hornme , aussi redoutahle h ses ennemis par la puissance de son ge'nie , qu’a ses con-citoyens par la force de son despotisme !.