240 FORCE NAVALE.
rigee par les revers , eile apprit a mettre plus crensemWe daiisses operations de terre et de mer, plus d’abondance et d’ä-propos dans ses moyens, plus de prudence daus les plans et devigueur dans l’execution. L’armee de terre que la force ncivaleavait , a la Corogne , sauvee de la destruction , reportee bien-töt apres dans la peuinsule, par cette meine force, alirnenle'eet soutenue par eile , balanca pendant cinq ans le succes destroupes francaises, dans le Portugal et dans les Espagnes, quidevinrent le tombeau des armees d’Austerlitz et d’Iena *.
Quoique, des i8o5, l’Angleterre ait du cesser d’avoir aucunecrainte serieuse d’une prochaine invasion, cependant, fideleaux maximes de son antique prudence, eile n’en conserva pasmoins pres d eile, les forces navales defensives les plus impo-santes. C’est ainsi quau commencement de i 8 i 3, comme 011peut le voir par le tableau suivant, lorsque la grande armeefrancaise etait dejä presque aneantie , l’Angleterre tenait armesou en armement dans ses ports , et dans les mers britanniques,7 4 vaisseaux, 80 fregates et 228 batimens de bas bord. Ces382 batimens de guerre pouvaient, en moins de liuit jours,etre mis en etat d’agir pour la defense immediate des lies bri-tanniques. On doit aussi regarder comme pouvant au besoinconcourir ä ce but, les forces imposantes que la marine anglaiseemployait dans la Baltique \ afin de faciliter aux Russes l’ex-termination des debris de larmee francaise, sur tout le litloralde la Pologne, de la Prusse et des villes anseatiques.
* II $erait beau de montrer par quels degres , dans l’espace de vingt annees , la marinea fini par rcndre 1’A.ngleterre arbitre des destine'es de tant de peuples dans l’ancicn et lenouveau monde j en montrant la part qu’il faut faire aux circonstances , au caractere deshornmes , aux difliculle's des clioses , et la part que Ton doit attribuer ä la force navale.Lorsque nous aurons acheve des travaux plus ingrats, qui deraandent une vie aclivc et depenibles recherches , nous puiserons dans les materiaux dont nous pre'sentons aujourd’huiles seuls re'sultats tecliniques, pour essaycr de traccr ce tableau : Sans nous laisser entrainerpar d’autres mobiles que l’amour de 1’houneur et de la verite.