244 FORCE NAVALE.
magnanime que l’armee cFOrient apres le combat naval d’Abou-kir. Mais eile n’attaquait ni des Turcs ni des Arabes. II fallaitlütter coDtre un peuple prodigieusement opiniatre; conlre unpeuple qui ayait sous les armes un million d hommes, excitespar Fentliousiasme du patriotisme, et pousses par la haine laplus exaspere'e contre le nom francais.
J’ai fait connaitre, sans parlialite, nos moyens d’attaque et lesmoyens de defense des Anglais. Je peuse encore qtfune descenteetait impossible, sans la protection d’une flotte comparable ennombre a celle que nous ayions alors, et qui fut defaite au com-bat du Trafalgar. Mais il fallait qifavant tout cette flotte s’em-parat de la Manche*, et peul-etre les generaux et les capitainesqui la commandaient, sauf des exceptions lionorables, illustres,rendaien t-ils par Finrperitie d’un grand nombre d’entre eux, etl’indecision de quelques-uns, toute yicloire impossible. Quantau succes d’une invasion, apres le debarquement, je laisse auxgrands militaires ä peser dans leur experience et leur sagesse,les cbances de victoire et de defaite. Je me borne a presenter icila statistique militaire et navale c^e la Grande-Bretagne.
Au lieu d’attaquer Fempire britannique, dans le centre de
* A Tepoque oü j’ecrivais ce passagc , j’ignorais un fait Lien remarquable , et qui mc-rite de piendre place dans l’hisloire. J’en dois la connaissance ä M. le coinle Daru , dontnous avons dejä eite la savante Hisloire de Venise. En i8o5, M. Daru etait a Boulogne ,intendant gene’ral de l’arme'e. Un matin l’cmpereur le fait appeler dans son caLinet. Daml’y trouve transporte de colere , parcourant a grands pas son appartemeut, et ne rompant
un moruc silence que par des exclamations brusques et courtes.Quelle marine!.Quel
atniral !. Queis sacrifices perdus!. Mou espoir est de'yu !• ... Ce Villeneuve ! Au lieu
d’etre dans la Manche , il vient d’eutrer au Ferol!. C’cn est fait! II y sera bloque. —
Daru , mettez vous-Iä , e'coutez et e'crivez. L’empereur avait regu de grand matin la nou-vcllc de rarriyee de Yilleneuve dans un port d’Espagne; il avait vu sur-le-champ la con-quete de rAngletcrre , avorte'e ; les immenses de'pcnses de la flotte et de la flottille perduespour long-temps, pour toujours peut-etre! Alors , dans l’cinportement d’une fureur qui nepermet pas meme aux autres hommes de conserver leur jugement, il avait pris l’une desresolntions les plus hardics , et trace I’un des plans de Campagne les plus admirablesqu’aucun conque'raut ait pu concevoir a loisir et de sang-froid. Sans hesiter , sans s’arreter ,