CONSTITUTION DE LA MARINE. 43
pu sortir de Boulogne, dans une seule maree, et se reudre avecquelque ordre yers une des plages de la cöte d’Angleterre ? ils nel’auraient jamais fait sous le feude la croisiere anglaise.
Cette croisiere pouvait et;re ecärtee par un coup de vent;alors , avant quelle eut eu le temps de revenir, on aurait passe.— Soit. Mais voyons, ensuite, ce qui sei'ait arrive.
Les Anglais avaient herisse leurs cötes de fortes batteries ,dans toutes les positions oiil’on pouvait tenter un debarquement.Des tours defensives suffisamment rapprochees etaient bäties surle rivage qu’elles battaient pareillement; ces tours etaient ä l’abrid’un coup de main. Des brigades d’artillerie legere, des corpsde cavalerie, des camps-volans d’infanterie, offraient une forcemobile tout le long de la plage, par une route pratiquee exprespour cet objet. Les Anglais avaient un assez grand nombre decanonnieres , dans tous les ports qui font face ä la cdte de Bou-logne. Tous les petits bätimens, et les embarcations consacre'sau pilotage, ä la peclie, etc., etaient disposes pour combattre aubesoin. Ils etaient numerotes et classes par divisions, avec unetat-major de marine , et des troupes d’embarquement pourgarnison •, l’artillerie et les munitions, placees en ordre dans desmagasins, pouvaient en un moment leur etre fournies. Enfin,outre la flotte en croisiere devant Boulogne, il y en avait une enobservation, aux Dunes; une a Portsmoutb, dans la rade deSpithead; une ä Fembouchure de la Tamisc, au mouillage deNore. En peu de minutes, les signaux telegrapliiques commutii-quaient entre tous ces points et l’amiraute de Londres.
Ainsi, de quelque cöte qu’eussent tourne les vents, les An-glais seraient probablement arrives au lieu du debarquement,si non assez tot pour en prevenir Fexecution, au moins asseza temps pour bruler notre Flottille : des lors , notre armee eut< : te saus retraite , sans secours , sans approvisionnemens.
F.lle ent fait des prodiges , je le sais. Elle eut ete non moins