CONSTITUTION DE LA MARINE. 197
pouvoir jouir cle leur liberte. Ces saturnales de la flotte produi-sent, presque toujours, des effets pernicieux sur la sante desequipages, et sont la cause de Leaucoup de fievres : nous 11’enciterons qu’un exemple.
Un yaisseau de 80 etant reste quelque temps ä Plymouth,en 1806, on permit pendant ce temps aux matelots de Loireavec exces des liqueurs fortes : lorsque le Lätiment reprit la 111er,utie fievre se declara soudainement, eile atteignit 106 hommesdont 10 moururent.
Ile semLlaLles exces sont Lien plus pernicieux encore dansles cliniats du tropique: ces causes combine'es avec quelques au-tres, 011t produit, pendant la derniere guerre, la morlalite la pluseffrayante. G est ainsi qu en 1804, tandis que la marine anglaisejouissait en Europe d’un degre de sante remarquable, il y eut unemorlalite extraordinaire dans la flotte des Indes-Occidenlales.
Par mi les mar ins qui devieiineiit maiiiaques, un grand 110111-Lre doivent cette deplorable infirmite, ä des contusions qu’ilsont recues a la tele, pendant qu’ils etaient ivres.
Le docteur Plane dont j’emprunte ces oLservations, voudraitqu’011 encourageat le gout du tlie parmi les matelots, pourremplacer le gout des liqueurs fortes. II combat ce vulgaireprejuge, qu’une Loissou aussi relacbante pourrait contribuer ädiminuer le courage des militaires. II nous semble, en effet,que les hommes n’ont nullement besoin de liqueurs spiritueusespour acquerir ou conserver du courage. Lorsque les tribusarabes marcherent sous Mahoniet, a la conquete de l’Orient,ce profond legislateur ne craignit pas d’interdire l usage desboissons enivrantes, a la nation qu’il voulait rendre toute belli-queuse; or, 1’experience a prouve qu’une teile privation n’arendu les musulmans, ni moins robustes ni moins courageux.
On sait que les Gaulois ne buvaient que de l’eau ou du mau-vais cidre, jusqu’apres lepoque des conqueles deCesar. Cepen-