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3,2 (1821)
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179
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CONSTITUTION DE LA MARINE. 179

Meine dans les pays les prisonniers de gueire, laisseslibres au sein des cites, y recoivent un traitemojit plein dedouceur, nous voyons les citoyens, lorsquils sont conünesdans quelque maison darret, devenir aussitot la proie de leursavides geöliers. Nous voyons ces barbares, malgre le credit desaanis et des parens des detenus, leur derober une part de cequon leur envoie, et les ranconner apres, en leur vendant cequi leur manque. Quel doit donc etre le sort de prisonniersetrangers, de prisonniers de guerre , objet de liaine et dhor-reur pour tout un peuple passionne; de prisonniers, cnlin,livres au despotisme, ä la cupidite, a la cruaute des geöliers

militaires ?. Je crois bien quaux jours peu nombreux

des commissaires du parlement ont visite les pontons, les ra-tions etaient completes et mangeables. Je crois meine faci-lement que peu de prisonniers aient ose re'clamer contre desbommes qui pouvaient, a tout instant, les re'duire au cachotet a lafamine, sous le plus leger pretexte. Mais den conclurequaucun prisounier navait droit de seplaindre, et quils jouis-saient tous, en entier, des moyens de subsistance que le legisvlateur avait votes pour soutenir leur misere, ce serait abuserde la credulite publique. Ce serait, au meine instant, se mon-trer par trop incredule, en voyant tant de victimes deposer deleurs propres soufirances, par leur sante delabree, sans ad-mettre au moins la realite dune partie de leurs maux et deleurs privalions.

Je ne puis, je lavoue, ajouter une entiere foi au tableaurevoltant qua trace le general Pillet, dela famine, de la misereet des malheurs des prisonniers francais. Jai peine a croire,comme il lassure, quun visiteur dune prison de terre, ayantlaisse son cheval dans la cour, 11en trouva plus que le sque-lette decharne, lorsquil eut fini sa visite \ parce que les prison-niers, mourant de faim, setaient jeles sur la pauvre bete quils