CONSTITUTION DE LA MARINE. 178
il, l’air s’alterait a lei poinfc qu’au bout de quelques lxeures,les chandelles n’e'clairaient presque plus, et finissaient meinepar s’eleindre. En cet etat, les prisonniers etaient couyerts desueur, respiraient a peine , et beaucoup tombaient en syncope.On ne parvenait, dans ces momens de detrcsse, qu’avecla plusgrande difficulle, ä faire ouvrir un sabord , pour rappeier ä lavie ceux qui ayaient perdu connaissance *. » Cependanl, necoraptons pas ce ternoignage , il n’est point anglais.
Malgre notre lidelite scrupuleuse, a ne rien dire dont riousn’ayons acquis la conviclion et la cerlitude , par nos observa-tions et par le secoui’s d une crilique impartiale exercee surnos propres opinions , peut-elre quelques lecteurs insulaires ,en songeant que nous sommes Francais, seront tentes de repu-ter exagerees les descriptions que nous venons de presenter. Ehbien ! cbercbons, <lans la Grande-Bretagne meine, un obser-vateur, non pas ]>lus tidele, mais rnoins suspect. Consultons lejugement d un sage qui s’est illuslre par sa genereuse philanlh'ro-pie : jugement ici d’autant moins recusable, qu’il est pronoucepar un Anglais auquel on n’a jamais reproclie de ne pas cherirsa patrie , comme un Anglais sait la cherir ! Howard , quenous avons dejä eite plusieurs fois, et toujours avec confiance ;Howard, dont la vie s’est passee k visiter toutes les prisons,non-seulement de TAngleterre , mais de la France, de la Hol-lande , de l’ltalie , et de presque toute l’Europe ciyilisee, Ho-ward a visite les pontons. Voici ce qu’il en pense :
Les pontons , dit-il, apres avoir retrace le triste sort des mal-heureux qu on y relegue, les pontons devmient etre le chäti-ment reserve seulement aux plus atroces de tous les crimes.( Hulks ought to be the punishment only fob the mostatbocious cribies.) D’apres ce seul jugement d’un homme qui
* Dissertation sur la topographie medicale des prisons floitantes , diles pontons ,s:iivie de quelques considerations sur les maladies qui j regnaient.