FORCE N AVA LE.
174
fit une etude approfondie de tous les genres de prison , qu’011juge ä present si nous avions exagere de justes plaintes, dansla trop courte notice que nous avons donnee sur les pontonsreserves aux prisonniers. Pendant les dernieres guerres , cespontons etaient tels qu’au temps d’Howard.
Comment donc un peuple huinain , genereux, inagnanimea tant d’egards, peut-il, envers des ennemis vaincus et sansdefense, depouiller, ainsi, tout sentiment de deinen ce et de
commiseration ?. Les apologistes du gouvernement anglais
pretendent que la reclusion des prisonniers de guerre, alorsqu’ils s’elevaient au nombre de 70,000 , etait une mesure deprudence, commandee par le besoin de conserver aux troisroyaumes la paix interieure et la securite. Est-il bien vraique 70,000 captifs, disperses au milieu de douze millionsd’habitans, y repandraient de justes alarmes, et metlraienten danger la surete de letat ? Ces captifs repartis par faiiilesdetacbemens , sur toute la surface de la Grande - Bretagne,surveilles par les garnisons regulieres , les depöts de l’armee,les milices, les juges-de-paix , les Constables (Et surtout parl’habitant, si soupconneux envers le prisonnier!) , ces captifs,je le demande encore, pourraient-ils inspirer de serieuses alar-mes ? Cependant, admettons ce motif pour les epoques d’assezcourte duree , oü 70,000 guerriers etaient en effet prisonniersde la Grande-Bretagne. Mais, en 1793 et 1794, niais eni8o3 et 1804, lorsque le nombre des prisonniers ne selevaitpas a quinze ou vingt mille bommes ; n’en etaient-ils pas moinsenfermes sur les pontons et dans les chateaux-prisons ?... Qu oncesse donc d’alleguer l’ignoble motif de la peur : la haine re-clame sa part.
II fallait exciter, dans le cceur du peuple anglais, des sentimensimplacables d’aversion, d’borreur meine, contre sesennemis, etsurtout contre les Francais. II fallait donc qu’il ne put jamais ni