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cupee parle commaudant et le Chirurgien de la prison. Sous legaillai'd d’avant, un espace est reserve pour deposer, pendant lejour, les hamacs des caplifs. Les soldals et les matelots geöliersdu batiment, avec leurs enfans et leurs femmes, occupent Favantdes entreponts. L’arriere est obstrue par le corps-de-garde, lacuisine des Anglais, la pharmacie, la chambre l’etat major, enfinpar les cabanes des sous-officiers et des ofliciers, loges dans lenayire avec leurs femmes et leurs enfans. Entre tous ces retran-chemens sont entasses les prisonniers qu’on descend par unevaste fosse entouree dun rempart massif: eile s’etend d’un pas-savanta l’autre, et du mat de misaine au mat d’artimon. Uneechelle, qu’on jette au besoin par cette ouverture , est la seulecommunication de l’exterieur avec le fond de l’antre *.
Que les hommes habitues ä mesurer letendue des entre-ponts d’un vaisseau, retranchent, par la pense'e , les lieux inoc-cupes, et les babitations plus ou moins commodes et spacieusesque nous venons de decrire. Qu’ils nous disent, ensuite, ce quireste pour contenir jusqua neuf Cents prisonniers (Et ne fut-ceque six Cents!), qui dans l’hiver restaient enferme's pendantquinze ä seize heures d’obscurite , et consumaient un air vitalque rien ne pouvait renouveler ?
La simple connaissance des lois de la combustion et de larespiration , suffit pour nous convaincre de la ne'cessite phy-sique des effets suivans rapportes par le clocteur Cattel, au-jourd’bui chirurgien-major dans les colonies d’Afrique , etqui a sejourne sur les pontons. « Dans les nuits d’hiver, dit-
* Quand , de la Louclie de cet antre , on se baisse pour regarder trois sorabres e'tages decachots, enserres dans la profondeur d’un ponton, l’ämc est saisie d’e'pouvaute. A ee spec-tacle, l’imagmation troublee se repre'sente aussitöt ces redoutables fosses de l’Orient, oii l’ongarde pour les plaisirs du despote, les animaux qu’il a pris les armes ä la main. IIs y trouventce qui manque aux captifs des pontons, assez d’espace pour pouvoir ä leur aise manger, mar-cber, respirer et dormir. Et pourtant! la seule peine de la captivite' , arrache ä des betesfcroccs , les gemissemens de la douleur et les rugissemens du desespoir.