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3,2 (1821)
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171
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CONSTITUTION DE LA MARINE. 171

A cette description trop succincte ajoutons quelques details.Lespace dejä si limite des entre-ponts, est loin cletre consacretout entier au logement des captifs militaires. La dunette est oc-

avec une singuliere raauvaise gräce , de la part de la creature dun tyran qui, dans lescirconstances les plus cruelles et les plus aggravantes, a capture' et de'tenu des combattanset des non-combattans, des femmes , des enfans meraej duu tyran qui refusait douvrirles portes de sa prisou, et de'couter aucune proposition dechange; et qui contraignait descentaines dinfortunes captifs Espagnols et Italiens, aux travaux forces , sur les rives fan-geuses de lEscaut et dans les bassins de Cherbourg. »

Voilä donc les justifications quon ose nous pre'senter ! Des injures pour repousser desraisons; des outrages pour repondre ä des prieres, ä des invitations faites au nom de lhu-manite; enfin, des sevices exerce's, nous dit-on , par la tyrannie meme, contre des centaiuesde captifs, allegue's pour le'gitimer les sevices exerce's sur des milliers de prisonniers , par unministere qui se fait gloire de paraitre ami des horames.

Eh ! quand il serait vrai quun tyran aurait ete baibare envers ses prisonniers, seriez-vous par- justifie's dimiter sa barbarie? Si vous lappelez tyran , parce quevous le ditescruel; et si vous le dites cruel, parce quil releguait dans une ville riante (1), sous un beauciel, au milieu dun peuple humain et gene'reux , des familles qui pouvaient y jouir de touteleur opulence et des plaisirs de la socie'te; comment donc voulez-vous etre nornme's, VOUS,qui releguez indistincteinent vos prisonniers faits ä bord des batimens de guerre ou de com-merce, au fond des chäteaux forts, dans des casernes-prisons et sur des prisons flottantes?...

Nous avons fait voir, pp. 19 et 21 , quc Napoleon e'tait justifiable ä legard des Auglaisquil a detenus en i 8 o 3 comme autant dotages, pour re'pondre aux nations, de la foi viole'eet des captures illicites faites ouvertement par lAngleterre. Si Napoleon a souille son pou-voir, par de mauvais traitemens envers les prisonniers de guerre , loin de nous detre jamaislapologiste dune semblable lächele. Que son hislorien , fut-il Anglais, en fasse le recitse'vere; et quil ajoute ce re'cit aux effrayantes lefons pre'sente'es ä lunivers , par le renver-sement dune force qui, pour navoir respecte ni les hommes , ni les climats, sest ane'antiedans le sein meme de la conquete et du triomphe... Mais , pour lhoimeur des societes hu-rnaines, que jamais e'crivain nose alle'guer des turpitudes attribue'es au despotisme , commeexcuse de barbaries , de'shonneur dun gouvernement constitutionnel.

Pense-t-on , dailleurs , lorsque nous de'fendons la cause de lhumanite meme , infir-mer la valeur de nos reclamations , en appelant la creature du tyran , celui qui na jamaisecrit, agi, parle , que pour aider selon ses trop faibles moyens , ä lindependance, ä lhon-neur, ä la liberle de sa patrie ? Ah ! plaignons le subalterne obsequieux qui, pour servir lesmaitres qui lemploient, repand linjure et la caloinnie , en leur faveur et sous leurs aus-pices : sen offenser , et seu venger autrement que par le silence et le pardon , ce seraitoublier les legons de la sagesse.

(1) A Verdun,