i 7° FORCE N AVALE.
yeux des juges impartiaux , la bonne foi de mes eloges feracroire a la seule observation rigoureuse que m’obligent a fairel’amour de mes semblables et l’honneur de la civilisation.
» Enlin, s’il est un moment oü la philanthropie puisse elever savoix contre la ferocite gratuite de quelque instilution militaire ,deshonoranle pour la nation qui s’en rend coupable , c’est ä coupsur au milieu de la paix. Gest quand les esprils ne sont plusegares par la haine. G’est quand des Communications faciles etjournalieres , retablies entre deux grands peuples, font compa-raitre en quelque Sorte cliacun d’eux, en presence de l’Europeattentive, au tribunal de Fopinion , erige par l’autre peuple *. »
* Montrons maintenant qucl accueil a regu cet appel ä l’humanilc , ä la gene'rosite ducaraclere brilanniquc.
Dans un journal litteraire , consacre par les arnis du ministere aDglais , a defendre lesdoctrines du pouvoir arbitrairc , et par occasion , ä re'pandre sur la France l’outrage et lacalomnie , un sous-secre'taire de l’amiraute (i) s’est Charge de rendrc compte de nos Me'-moires sur la marine d’Angletcrre. Yoici commcnt il s’cxprimc , au sujet de notre descripiiondes prisons floltantcs ( Quarterl)- review , n°. xmi. nov. 1819 , art. 2 ) :
« Apres avoir visite le Bellerophon , vaisseau de ligne transforme en bagne pour lesforjats emplo)’e's aux cxcavations de Sheerness , M. Dupin constate un fait que nous re-commandons instamment ä l’altenlion de M. Rennet (2), comme vcnant d’une personnc quine peilt etre soupconnee &’aucune forte predilection pour l’Angleterrc ; et qui, sur ce point,au moins, est alfrancbie de prejuges. Dans l’installation et les emmenagemens interieurs dece ponton , dit-il, tont ce que l’hunianite peilt inventcr de plus ingenieux, est mis en pra-lique pour rendrc supportable et comfortable une prisou flottante.
» L’eloge accorde de la Sorte, peut, cependant, etre regarde' comme un moycn depre'sentcr sous un point de vue plus frappant, la tirade qui suit immediatement , contrel’inhumanite du gouvernement britannique, et la diffe'rence du traitement eprouve par unforgat et par un ennemi de'sarme : inliumanitc de'montrec, dit-il, en plagant de 8 ä 1200prisonniers de guerre, sur un ponton du meine rang que celui qui ne regoit pas plus de400 forgats. Nous devons faire observer, i". que cette assertion n’est pas fondee en fait;2°. qu’une reroontrance au sujet du traitement des prisonniers de guerre , et une affecta-lion d’hurnanite pour des prisonniers ( an affeclation of humanily for prisoners ! ) vient
(1) L’auteur dun ouvrage sur l’Afrique, et de beaucoup d’articles d’encyclopedies, de journaux, etc.
(2) Dn membre de l’opposition , atni de l’auteur, celebre par sa genereuse philanthro}iie , etqui, comme Howard , trouve barbare la reclusion des forcats et des prisonniers de guerre , surdes pontons.