CONSTITUTION DE LA MARINE. 161
politiques nous clevoilent une des plus profondes lecons deFhistoire : ils nous font voir que les nations , a l’exemple desindividus, ne sauraient jamais etre impitoyables sans chäti-ment, ni bienfaisantes sans recompense.
Des deux peuples dont nous opposons ici le caractere et laconduite , au sein de la prosperite , l’un n’a point fait de captifs,qu’il n’ait de'sarme leurs cceurs, ainsi qu’il avait desarme leursbi’as; parce que les prisonniers ont trouve, cliez lui, celte gene-l'euse et douce Sympathie qui prodigue son estime a la vertu, sesegards ä la vaillance, et ses bienfaits au malheur. Le prisonnier,recueilli chez l’habitant, comme un ennemi pardonne, admisaux travaux domestiques, et participant aux soins, aux affec-tions de la famille, a trouve Fhonnete et juste prix de son zele etde son industrie , sous le toit ou dans les champs du vainqueurhospitalier. Enfin , dans les rares circonstances ou des gouver-uemens, ephemeres comme la tyrannie, deshonorant un sol deFranchise et de loyaute, appesantissaient leur bras sur des pri-sonniers de guerre , le citoyen detestait des severites etrangeresä ses mceurs. Loin d’essayer de les justifier par l’exemple et parla loi des represailles, il les declarait hautement, anti-natio-nales 5 et ses secours empresses allaient verser la consolation ,l’esperance et Tamitie , dans le cceur des vaincus.
L’autre peuple, au contraire, n’a jamais fait de captifs , que ,par des outrages ou des sevices, il n’ait allumedans leurs cceursune haine inextinguible. Ni la liberte restituee ä ces captifs ,ni la paix et la Concorde rendues aux nations, n’ont eu le pouvoird’assoupir, ou seulement de moderer des ressentimens impla-cahles , indestructibles comme le Souvenir d’un traitementhonteux et barbare.
A ces premiers traits, les anciens prisonniers de la France etde l’Angleterre, auront reconnu les deux peuples qu’on veutici caracteriser. Tous elevent la voix, pour dire quelle est la
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