CONSTITUTION DE LA MAL INF. i5q
Concevons, en effet, qu’il existe une Holle dans laquelle011 ne donne aux marins que des boissons affaiblies , que desyiandes peu succulentes, et le tout en trop petite quantite. Deshommes anssi mal nourris auront, surtout, ä redouter Fextenua-tion de leurs Organes et l’extinction de leurs faculfes physiques.
Mais, depuis plus de vingt annees, il n’en est pas ainsi sur laflotte anglaise; un grand changement s’est, en ineme temps ,opere dans Fensemble des maladies qui s’y declarent. Le scorbut,les fievres lentes ont disparu, et ce sont les inflammations pulmo-naires avec toutes leurs consequences qui regnent aujourd’lmi.
Ces maladies sont excitees et developpees par Fair tres-vif dela mer, et par les changemens subits de temperature, auxquelssont sujets des hommes qui, dans le milieu de la nuit, ayantles pores ouverfs par l’abondante perspiration qui accompagnele sommeil, sortent tout ä coup d’un entrepont tres-chaud ; d unentrepont dont l’atmosphere est impregnee de tonte Fhumidileque peuvent produire la transpiration et la respiration d’un grandnombre d’individus , accumules dans un petit espace. C’est encet etat qu’ils montent , saus aucun delai, sur les gaillards, auhaut des mats, sur les vergues; et se trouvent exposes aux al-leintes du froid, de la pluie et des yents.
On remedierait puissamment aux maladies pulmonaires, enrenouvelant Fair des enlreponts oü Fe'quipage est couche, par denombreux luyaux qui ameneraient un air frais en beaucoup depoints, sans produire nulle part de courant marque ni dange-reux. II faudrait, d’ailleurs, faire leyer les matelots une demi-heure ayant qu ils ne prissent leur quart de nuit; et les forcer ase tenir, pendant tout ce temps , sous les gaillards. 11 s sejourne-raient, ainsi, dans un lieu moins expose , moins froid que celnioii ils deyront agir pendant uue grande parlie de la nuit; mais,deja , dans une almosphere moins humide et moins chaude quecelle des enlreponts infhieurs.