CONSTITUTION DE LÄ MAIIINE. 4g
quees Lien portantes et en etat de servir. « Car, disait-il, l’es-poir d’un succes efficace, obtenu par le moyen des troupes,depend plus du soin qu’on apporle ä satisfaire leurs besoins, äprevenir leurs souffrances pendant la traversee, que de touteaulre circonstance, quelle qu’elle soit. »
En reflecliissant sur cette influence des soins apportes äla sante des troupes qu’on fait voyager sur mer, et sur lasinguliere aptitude qu’elles ont a contraeter des maladies con-tagieuses lors de leur abordage a des terres etrangeres (etsurtout en Amerique) , on reconnait une nouveile cause de laperte effrayante de nos soldats, ä Saint-Domingue, lors del’expedition du gene'ral Ledere. On assure qu’en moins de deuxannees, sur 60,000 soldats francais, 5^,500 sont morls, laplu-part victimes de la fievre jaune.
Lorsque nous tenterons quelque expedilion , en Amerique,notre premier soin devra toujours etre de preparer, pour nostroupes, des moyens de Iransport qui reunissent lous lespreservatifs et tous les secours sanitaires ; afin que ces troupesarrivent sans la moindre predisposition a gagner des maladiescontagieuses. Sans cela, nous ne devons nous atlendre qu’ä desdesastres honteux pour nos armes, et desolans pour l’humanite.
On concoit qu’en temps de paix, comme en temps de guerre,les causes que nous venons d’indiquej doivent iufluer egale-ment sur les troupes envoyees en garnison dans les Indes-Occi-dentales; c’est peut-etre en grande partie a la difference dessoins et des moyens employes pour transporler ces garnisons,qu’on doit attribuer la difference tres-remarquable qu’onobserve dans les Antilles * , entre la morlalite des troupes an-glaises et des troupes fraucaises.
Les dangers qui dependaient de l’embarquement des troupes
■*' M. Moreau de Jonnes , dans ses Recherches statistiques sur les Anlilles , a tres-kien reconnu et constate cette dilTerence de mortalite.