20 FORCE NAVALE.
turaient nos navires marchands, et nous revelaient la guerre ,en poursuivant conlre nous ces lucralives hostilites.
Wous demanderons maintenant a tous les hommes de bonnefoi, si les lettres de marque donnees au nom du roi d’Angle-tcrre n’ont ete delivrees (avant toute declaration de guerre )qu’ä des armateurs ayant eprouve de la part des Francais, ouquelque injure personnelle , ou quelque tort individuel ?... Et,si cetait ä defaut de toute voie legale quon employait un sem-blable moyen de reparation, pour des torts imaginaires *?
Certes, meine au siede d’ignorance , ou les barons d’Angle-terre oblinrent du roi Jean les garanties de la Grande Charte,ces nobles defenseurs des libertes nationales jugerent mieux
* Pour repondre ä ces mesurcs priscs, en i8o3 , par le roi d’Angleterrc (sans de'clara—tion de guerre ), non-seulement le prcmier consul ordonna de saisir tous les navires anglaisqui pourraient etre dans les ports de la Re'publique franjaise , mais il de’clara prisonnierstous les sujets britanniques voyageurs ou re'sidens sur le territoire fiancais.
Les Anglais, accuse’s par le premier consul de faire la guerre en pirates, l’accuserenl aleur tour de la faire en barbare. Sans approuver ni blämer ces injures, conside'rons 1’ofFenseet les represailles. Soyons jnstes : s’il est loisible de capturcr des navires marcliands etd’cn faire prisonniers les e'quipages, pourquoi le serait-il raoins de de'clarer prisonnierstoute autrc classe de citoyens , et d’en capturer les proprie'tes? Pourquoi les voyageursparmer seraient-ils mis bors de la loi des nations , sans que les voyageurs par terre y puissentetre mis au meine titre ?...
Vainemcnt on re'pondra que les Anglais, apres avoir pris les navires, ne gardaient quele bätiment, la cargaison et les marins, mais renvoyaient les passagers. Qu’eut-on dit deBonaparte, s’il eüt depouille les voyageurs anglais de leurs chevaux et de leurs conducteurs,de leurs equipages, et des biens qu’ils transportaient avec eux, en s’y prenant plusieursjours avant la guerre, pour renvoyer , dans le de'nument, les malheureux maitres qu’ilaurait cxpropries ? Eh bien! voilä ce que les Anglais faisaient sur les voyageurs franfaistrouve's ä bord des bätimens marchands qui naviguaient dans la securite de la paix et surla foi des traitds.
En rappelant ces tristes commencemens d’une lutte qui devait pendanl douze anne'escnsanglanter les deux mondes , loin de nous le coupable de'sir de rallumer des passionsencore trop re'cemment eteintes. Mais profitons du calme de la paix , pour re’clamer enfavcur de la loi commune des nations, autant de loyaute qu’on en trouve entre des hommesd’honncur, meme alors qu’ils devieunent ennemis irreconciliables.