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3,2 (1821)
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18
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18 FORCENAVALE.

royale , puisquelles ordonncnt aux ministres de la couronne de delivrer des leltres-de-marque et de represailles, dapres une demande düment faitc. La pre'rogalive daccorderces lettres a beaucoup de rapport avec cclle de faire la guerre : eile en de'rive e'videmment jce nest eu eflfet quun e'tat dhostilite incomplet, qui ge'ne'ralement finit par une declarationformelle de guerre. Ces lettrespeuvent elre accordees conformement ä la loi des nations ¥ ,cbaque föis que les sujets dtm e'tat sont opprime's ou injuries par ceux dun autre , et quela justice est refusee par le gouvernement auquel appartient loppresseur. Dans ce cas, leslettres de marque et de repre'sailles ( mots synonymes en eux-memes et signifiant unerevanclie ) peuvent etre obtenues, afin de saisir le corps ou les biens des sujets de letatagresseur, partout ils sont trouve's : jusquä ce que satisfaction soit faite.

En effet, cet usage de represailles semble dicte par la nature elle-meme ; cest pour celaquenous en trouvons des exemples tres-remarquables dans les lemps les plus recule's. Maisil y a ne'cessite evidente de scn rapporter au pouvoir souverain, pour de'terminer en quelcas on doit uscr de repre'sailles, autrement chaque particulier offense' serait juge dans sapropre cause. En conse'quence de ce principe , il est declare parmi nous , par le Statut If.Henri V. C. 7, que si quelque sujet du royaume est opprime', en lemps de treve, par desPrangers quels quils soient , le roi accordera des lettres de marque , en bonne forme , ktous ceux qui se sentiront lese's. Voici quelles sont alors les formalite's k suivre : la parlieIe'see doit dabord sadresser au lord du sceau prive, lequel delivre des lettres de requetcsous le sceau prive': si apres cette requete, la partie requise ne fait pas , dans un tempsconvenable , satisfaction ou restitution ä la partie Iese'e, alors le chancelier delivre au plai-gnant des lettres de marque sous le grand sceau. En vertu de ces lettres, le plaignant peutattaquer et saisir la proprie'te de letat agresseur, sans risque detre condamne commevoleur ou pirate.

Ce quil y a dincroyable , cest quici le legiste sappuie surlexemple des depredations exerce'es par les Grecs, au siedemeine leur plus sage historien * ** reconnait quils netaientencore que des pirates. Voyez , dit Blackstone, comment Nestorenlevait les bestiaux de la nation Epeienne, afin dindemniserses sujets et dobtenir satisfaction ***. Cest donc par la legisla-tion du siede dClysse, que Blackstone veut motiver la legis-lation des prises maritimes. Cependant, si lexemple eite

* Ilest-il pas aflligcant de voir le sage Blackstone , pour justifier les coutumes deson gouvernement, assimiler k la loi des nations , lacte arbilraire le plus oppose aux prin-sipes universels du droit des gens ?

** Voyez Thucydides , liv. I er .

*** Note de la p. 2.5g , t. I, ch. 7 , dejk eite. 7'. edit. Oxford.