CONSTITUTION DE LA MARINE.
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mies. II n’est pas necessaii’e qu’une croisiere anglaise effeclue leblocus; il suflit que la signature tl’un minislre cle S. M. Britan-niqae ait pose d’ideales barrieres, a teile distance du rivage, ätravers lesplainesde FOcean. II suffit que, du cabinet de Saint-James, on indique ä FUnivers, sous quels degres delatitude et
de longitude va cesser d’exister la liberte des mers!. Tout
baliment neutre devient saisissable s’il franchit la barriere ainsiposee, pour continuer ses relations commerciales avec les peu-ples doixt il est ami. Et, parce que le mot de blocus esl tire duvocabulaire de la guerre, la puissance britannique regarde cetteSuspension du droit general des nations, comme une loi sacreeä laquelle doivent Ixumblement obeir tous les peuples de la terre.
Quel abus du sophisme et de la force! La mer est a la foisla place publique, le marche public et la voie publique desnations. Que les peuples soient maitres exclusifs, sur leurs pro-pres cötes , sur les fleuves , sur les lacs formes par la nature , aumilieu de leur territoii-e : rien lFest plus jusle. Ils commandentsur ces eaux au meme titre que sur la terre de leurs peres.Mais, qu’un etat s’arroge le domaine d’une mer quibaignelesfrontieres de plusieurs autres empires; qu’il pretende, ä son gre,interdireauxnations, le passage d’un vaste Ocean; quil ferme,par un edit, des routes qu’on ne saurait pas meme apercevoirdu haut des vigies les plus elevees de sa cote inliospitaliere!C’est attaquer la liberte des peuples, c’est entraver les relationsnaturelles et legitimes des nations , c’est attenter aux progres etauxbienfaits dela civilisation, c’est se declarer en liostilite per-manente contre toute l’espece humaine.
Quelquefois les nations opprimees ont reuni leurs moyenspour repousser, par la force , ces envaliissemens et ces oppres-sions. Telle fut la neutralite armee des puissances du Nord, aucommencement de ce siede. Mais la mort de Paul I er . laissasans resultats utiles, ce grand exemple offert aux nations.