CONSTITUTION DE LA MARINE. i3
leurs produits et ceux du monde entier, dans tous les ports del’univers.
Si les peuples de l’Europe eussent ete, des lors, aussi eclairesque le peuple anglais, ils auraient, par de simples represailles,fait tomber sur-le-champ cette loi prohibitive; mais, dansl’origine, eile ne parut dirigee que contre la Hollande : eilenalarma point les autres nations. Les Hollandais e'laient alorsles facteurs de presque tous les peuples du Continent, et ces peu-ples ne surent pas prevoir tout le tort qu’ils recevraient ä lalongue d’une uiesure qui ne les atteignait pas directement.
Apres une guerre acharnee , 1’Angleterre triompha des Pro-vinces-TJnies. Aloi’s 1 Espagne et la France commencerent äreconnaitre le danger du Systeme etabli par d’ambitieux insu-laires. Ces deux puissances tenterent tour ä tour, et quelquefoisensemLle , de resisior aus usurpalions maritimes de la Grande-Bretagne. Elles auraient pu radier a leur cause toutes lesautres puissances, en les eclairant sur leurs vrais interets, enleur montrant tout ce qu’avait d’injuste, d’humiliant et de per-nicieux, le monopole du commerce des mers; mais guidees parun fol orgueil ou retenues par un elroit e'goisme, ces nations,apres avoir traite saus generosile, combattirent sans prudence ,et succomberent dans la lutte.
C’est au moment des desastres qui marquerent la cbute dela force navale espagnole, que Waller faisait entendre ces chants,ouson genie exprime, ayec taut denergie, 1’enthousiasme et laprofonde ambition dont etait saisie l’Angleterre.
« Depuis quelques mois notre armee navale, campee sur lamer, assiegeait 1 Espagne. Ceux qui avaient ambitionne lamonarchie du monde, etaient enfermes dans leurs ports parnos flottes hardies; et de la, vayaient notre pavillon rougeflotter, sans rival, au dessus des mers. Les autres nations peu-Nent user de l’Ocean comrae d’uue route de passage j l’Anglais