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FORCE N AVALE.
Chevaliers, infestant de leur orgueil et de leurs armes , lesvoies et les places publiques, obligeaient les paisibles voyageursa s’abaisser devant leur force : ou sinon, les combattaieut äoutrance et les depouillaient sans merci, pour en obtenir devaines marques de deference el de yasselage.
C’elait uii sterile honneur que celui de faire ainener des voileset des enseigues devant le moiudre batiment de la marine an-glaise. Aussi, quand la puissance britannique eut acquis plus delumieres, chercha-t-elle a recueillir d’autres fruits de sa supe-riorite marilime. Peu contente d’etre reconnue pour suzerainedes mers, eile voulut s’en declarer proprielaire, et s’arroger lemonopole du commerce. C’est a quoi tendait le fameux actede navigation, que l’Angleterre dut moius encore au geniequ’aux passions de Cromwel *. Charles II, en montant sur letröne, se garda d’annuler cet acte de l’usurpateur : il se con-tenta d’y placer son nom, comme a la plupart des grandes Crea-tions de la Republique et du Protectorat.
L’acte de navigation defendait d’importer dans la Grande-Bretagne, les produc Lions de l’Afrique, de l’Amerique, del’Asie, de la Russie et de la Turquie d’Europe, sur d’autresbatimens que sur des batimens anglais. Cet acte reduisaitcliaque peuple du Continent a ne charger sur ses propresvaisseaux que les produits particuliers de son sol et de son In-dustrie, pour obtenir l’entree des ports britanniques : tandisque les Anglais se reservaient, les armes a la main, de porter
* Cromwcll, pour punir l’ile de la Baibade , de son attacheinent aux Stuarts , imaginade l’assuj ettir ä n’employer que des batimens anglais au transport de ses produclions , qni nepurent plus etre vendues que dans les marchcs de la mere-patrie. Ainsi c’est a un Sentimentde vengeance , et pour ainsi dire k une loi penalc , que l’Angleterre doit l’origine de ce Sys-teme colonial qui a si bien tourne au proüt de la me’tropole. Quoi qu’il en soit, ä peinel’Angleterre eut-elle entrcvu les avantages qu’clle pouvait rctirer des restrictions impose'csä la navigation d’une de ses colonics , qu’clle se hata de les e'tendre a toutes ses pos-sessions d’outremer.