CONSTITUTION DE LA MARINE. II
Sous Henri IV , Sully , duc et premier ministre , se rend enambassade solennelle aupres de Jacques I er . Les Anglais, pourrecevoir le heros des pro Les Lans, envoient a sa rencontre un vais-seau qui lui porte l’ordre de meltre bas son pavillon francais :il refuse, en atteslant son double caraclere, d’ambassadeur etd’allie j mais trois decharges d’artillerie le forcent de ceder.Henri IV n’obtint, pour la reparalion d’un tel attental aux droitsdes nations, que de yagues et vaines excuses * ** .
Sous Louis XIII, une escadre francaise s’etait avilie jusquärendre aux Anglais un pareil bommage, loin des mers appeleesbritanniques, au sein de la Mediterranee, et presqu’en vue denos cötes. Mais Louis XIV eut plutot voue tous ses vaisseauxä la destruction la plus certaine, que d’humilier, a ce point,ses royales enseignes. La fortune sert sa fierte. Pour la der-niere fois, les Stuarts sont replaces sur le trdne d’Angleterre :Charles II doit reconnaitre les bienfaits du potentat qui lesoulint jadis et le conseille encore contre ses propres sujets;il ordonue aux capilaines de ses vaisseaux , de n’exiger des ba-timens francais, ni le salut par des salyes, ui l’abaissement dupavillon et des hautes voiles.
Chose etrange! Louis XIV qui jugeait indigne de la grandeurd’un roi, de rendre un semblable hommage ä l’Angleterre,s’efl’orcait de l’exiger des aulres rois. C’est ce que montre ladeclaration de 1680, pour faire baisser pavillon a tous les naviresespagnols rencontres par nos batimens de guerre
Au recit de ces discussions, de ces combats et de ces traites,on se croit trau Sporte dans les siecles de barbarie oü d’insolens
* « Il fallut, dit Richelieu , dans son Testament politique , il fallut que le roiyotre pere(c’est ä Louis XIII que ce testament s’adresse ) usät de dissimulation en cette occasion;mais avec cette resolutiou, une autre fois , de soutenir les droits de sa couronne , par laforce que le tcmps lui donnerait le moyen d’acque'rir sur la mer. » Ch. i , § v.
** Consid. sur la marinefranc. 1818, p. 27. Essais sur la marine, Laserre, p. 3 i.