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aveuglement, l’adoption complete et subite des institutions maritimesbritanniques : meme de celles qui m’ont paru meriter le plus d’eloges.Ces institutions peuvent etre parfaites, comme elemens du Systeme dontelles font partie. 11 est probable, neanmoins, qu’elles ne pourraient pasetre adopte'es par nous, avec utilite , sans subir des modifications essen-tielles; parce que leur influence et leur autorite, pour refrener, sti—muler et diriger les hommes , dependent ä la fois, des eirconstancesdu present et des temps qui ne sont plus , du caractere national et desidees acquises, de l’esprit general et de l’esprit de corps ; toutes cbosesqui different de peuple a peuple, et de generation ä generation.
Lorsqu’on veut, sans cesser d’etre justes, produire des innovationsqui soient en tout bienfaisantes, il ne faut point esperer d’atteindre, desle premier pas, ä la perfection. Il faut sedire, surtout, que rarementon y parvient par des renversemens subits, et par des alterations vio-lentes. Dans le jeu de la macliine du gouvernement, ainsi que dans lejeu desmachines de l’industrie, aucun choc, aucun changement brusque,ne sont produits sans destruction de forces utiles et voilä le malheurdes re'volutions. Voilä surtout le malheur qui, pendant un si grandnombre d’annees, a pese sur notre marine.
Que d’organisations contradictoires, pi-eparees ä la häte , commandeespar les passions, subies d’abord par la peur, un instant apres attaqueespar lavengeance, et bientot renversees par la re'action ! Quelles funestesalternatives ont fait triompher, tour ä tour , les vues et les interets lesplus inconciliables et souvent les plus desastreux! Des administrateurset des ingenieurs, opprimes, expulse's par des militaires; des militaireset des administrateurs , humilie's, remplaces par des ingenieurs; d’au-tres fois, enfin, des militaires et des ingenieurs, degrades et chasses pardes administrateurs! Et dans ce conflit de tous les corps se disputant lestitres, les honneurs et les attributions, que de secousses fatales don-ne'es ä ledifice de notre marine, demoli et rebäti sans cesse dans toutesses parties : sans plans , sans vues et sans principes !
Il est beau de rege'nerer la force publique ; il est beau de faire naitrel’ordre, au milieu du cliaos et jusqu’au sein du desordre. C’est la gloirede l’homme detat. Mais, en renversant les abus, necrasons pointde victimes sous leurs debris Ne marchons, dans la voie du bienmeme, qu’avec prudence; et ne montons vers la perfection, que par