INTRODUCTION. x iij
amitie maladroite, que d’artificieux detracteurs par leur savante aversion.
A present, j’ose le deniander, qui donc se trompe, et qui donc araison, au milieu de tous ces partis qu’aveuglent des passions, desprejuges et des caprices si divers?
Qu’il est douloureux pour les amis de la patrie, de voir, sous toutesles bannieres , les hommes les plus eminens , au lieu de consacrer leursavoir et leur genie a recherclier, a proclamer, a de'fendre la verite,s’en servir ä la facon du vulgaire, pour prononcer toujours du cöte desevenemens ; sans daigner faire la juste part des causes et des hasards.
Parce que , trop souvent, dans le cours de la derniere guerre , nosmarins (mal exerce's) se sont montres mal habiles, on s’est bäte d’en con-clure qu’ils etaient incapables de devenir jamais habiles. On a pro-nonce gravement cette sentence : Les Francais ne sont pas nes pourla marine. Comme si des guerriers forts, actifs, intelligens et coura-geux, pouvaient ne pas etre nes poür tous les arts militaires.
De pretendus divinateurs de la fortune des peuples, voyant depuislong-temps nos flotica malheureuses , annoncent que jamais la victoirene reviendra s’asseoir sur nos vaisseaux. Imbus des prejuges de je nesais quelle astrologie politique, ils croient notre force navale entraineepar un astre funeste , qui la conduit de defaite en defaite, ä sa ruineirrevocable. Un mot leur suffit pour nous prouver que le joug de lafatalite' pese a jamais sur eile , — eile est francaise.
II serait plus magnanime et plus vrai de se dire, en la jugeant: Par eelaseul qu’elle est francaise, eile est faite pour la victoire. D apres cette justecroyance , si je voulais expliquer ses defaites, je n’irais pas me perdredans le dedale des causes occultes et des predestinations. J’irais droitaux fautes des organisateurs et des directeurs de cette force, pour ytrouver par quel vice ou par quelle erreur, eile n’a pas remporte lestriomphes ou l’appelait, en tout temps, l’heroisme du peuple fran-cais. C’est dans cet esprit que j’ai considere l’histoire de nos malheurs :histoire qui, peut-etre , trouvera plus d’un utile commentaire, dans lapartie de mes voyages que je publie maintenant.
J’ai tache de faire connaitre , dans tous leurs moyens d’exe'cution etdans tous leurs avantages, les regles de gouvernement et les organisa-tions qui m’ont semble devoir etre pre'sentees comme des modeles.Cependanf. on -- -'^i^it beaucoup si l’on pensait que je propose