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3,2 (1821)
Entstehung
Seite
XII
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xij INTR'ODUCTION.

peaux, avant linauguration des aigles de 1'Empire *. Leur memoiretoute entiere , est remplie par les journees dAusterlitz , de Wagram ,dIena , de Friedland et de la Moskowa. Voilä, pour eux, les temps etles lieux de la gloire par excellence. Tout leur semble beau de cettee'poque. Ils ont oublie' jusquä la perte de nos flottes, de nos marins etde nos colonies; ils ont oublie' jusquau desastre de Trafalgar; jusquälincendie , plus recent, des vaisseaux de ITle dAix. Maintenant, ilsnous parlent avec extase de la marine de lEmpire; et ils accablent,de leur superbe mepris, la marine de la France actuelle.

Quelques hommes de la ge'neration qui se'teint, exclusivement fidelesaux antiques renommees de la France, seraient dispose's ä favoriser, parreminiscence, une marine qui voit flotter sur ses vaisseaux, le pavillondes siecles passe's. Mais cette noble faveur et ces volontes ge'ne'reuses , ilsles gätent par tant dabsurdes idees et derreurs anti-nationales , que danslopinion publique, ils ont nui presque autant a notre marine par une

* Au moment lon imprime les dernieres feuilles de cet ouvrage, des signaux tele'grapliiquesapprennent au continent europeen, que le chef du ci-devant empirc?? cesse enfln detre prisonnier:ils racontent sa raort. fleureux les t'crivains qui, forces par leur sujet a parier de ses travaux ou deses actions, nont jamais oublie les egards dus au malheur, et nont insulte jamais ä la captivitc duguerrier qui, tant de fois, conduisit un grand peuple ä la victoire ! Eleve' sur le pavoi militaire,comme un trophee national $ couronne dans le sein du> triomphe ; salue' fils atnc de lEglise , etrestaurateur de la foi; rendu loint du Seigneur par le pontife des pontifes : enfin , ayant acquispour subalternes j des rois*; pour courtisans , des empereursj ayant vu son amitie mendie'e parles Ce'sars, comme un bienfait des dicux **; enivre dhommages, et monte' Irop haut dans laprosperite, il torabe. Soudain les sceptres qui sabaissaient jusquä sespieds, sappesantissent sursa t£te. Les cbaii'es sacre'es d retentissaient pour lui des paroles de servage et dadmira-tion, retentissent, aussitöt, des paroles du me'pris et de la male'diclion. Tons ses adulateurs, tousles corrupteurs de sa fortune, lui font eprouver linsupportable affront de deshonorer leloquencede leurs premiers eloges, par lignominie de leurs derniers outrages. Ils lui reprochent unevie quils ont adore'e, tous sindignent quil ne labrege point par le crime du suicide! Mais ilmeurt, et leur joie se concentre pour faire place ä lhypocrisie de la douleur : dernier rafiinementdun sicclc poli. Teiles sont, cependant, les moindres lecons que la chute du conqueraut presenteä la prospe'ritd des rois. Celui qui fut si fameux par ses travaux, si brillant par ses conceptions,,si grand par ses combats; celui qui crut, avec des monumens, de la gloire et des conquetes , nouspayer nos libertes raviesj celui qui voulut rendre aussi des fers aux noirs dune colonie francaise;livre lui-meme ä la traite , par les potentats quil avait comples au nombre de ses tributaires , apressix ans de servitude il expire sur le rocher de la proscription, entre le continent qui enfanle Jesesclaves, et les colonies qui les de'vorent. Voilä donc ce que produit cette Science du pouvoir ,depuis vingt ans precliee par tant dapotres, avec tant dinsolence. Elle frappe de mort le geniemeine qui linvente; et quel puissant genie !.

* TJt haberet instrumenta servilutis , et reges. Tacit.

** Lamitie dun grand hommt est un bienfait des dicr~ Voit. OEdipc. ERFURT»