INTRODUCTION. *j
inutile a notre patrie. II deviendrait meine pernicieux , s’il entrainaitquelques esprits, a favoriser un genre de moyens militaires qui ne sau-raient nous attirer que de la honte et des revers. — Mais quoi! la vicloiren’a-t-elle pas, au 17“. siede , au i8 e . et meine au ig e ., couronne de seslauriers des pavillons francais? Desforces egales, des forces superieures,portugaises, bataves, espagnoles, anglaises, n’ont eiles pas maintes foissuccombe sous desforces francaises?... Nous pouvons doric faire passerde notre cote la victoire, aussitot que nous y ferons passer la prudence,le savoir et la constance. — Mais, nousn’avons plus rien a perdre sur lesmers. — Eh ! bien, nous aurons donc tout ä gagner , s’il faut un jourdisputer, sur leurs plaines , et la richesse, et la gloire , et l’empire.
J’ose regarder la force navale comme necessaire et corame indispen-sable , non-seulement a l’opulence de l’etat, ala prosperite nationale;mais a l’independance, et par consequent a l’honneur de la France.
Cette opinion , je le crains, pourra sembler paradoxale au plus grandnombre de mes concitoyens. Cependant, veulent-ils, elevant leur espritau-dessus des passiom, et des erreurs vulgaires , chercher de bonne foi lasimple verite? Qu’ils arretent seulement lcur pensee sur les egaremens,sur les contradictions sans nombre, qu’offre l’opinion publique, ausujet du grand interet qui nous occupe.
La force navale est la seule qui, jamais, ne peut mettre en danger leslibertes du peuple! et pourtant naguere encore, la force navale, auxyeux des defenseurs de la liberte meme , etait une force impopulaire.
On voit dans tous les rangs de la societe, certains hommes qui se croientexcellens Francais, parce qu’ils combattent bien l’etranger, avec desparoles. Ils attribuent au gouvernement britannique, un instinct dehaine, infaillible a notre egard. Ils le gratifient d’une prevoyanceprodigieuse, sur tout ce qui peut nous nuire. Partout , ils repetenten confidence, que ( par des traites secrets) l’Angleterre nous oblige ane pas armer nos vaisseaux, a tenir notre marine dans l’abjectionet la nullite, pour l’aneantir par nos propres mains. Voilä, nous disent-ils a l’oreille, tout l’interet de l’Angleterre!... Et, l’instant d’apres, jeles entends nous dire a haute voix : II riest pas dans Tinteret de laFrance, d'avoir une force navale .
Regardea ces autres hommes qui, sans Lodi-, sans Arcole , et sansMarengo, ne sauraient pas que la France avait immortalise ses dra-