fjo De l’Administration
de l’économie eft quelquefois pénible ; maiscomme c’eft le feul des devoirs de la fouve-raineté , qui donne l’idée d’un effort ou d’unfacrifice , c’eft aufti celui qui imprime le plusde reconnoiflance : on apperçoit le combatde l’homme avec le Prince, & des affedionsperfonnelles avec les fentiments publics, &la nation ne fait comment payer d’aflez d’a-mour , le Monarque qui fait le bien de l’Etat,en triomphant de lui-même.
Le moment, d’ailleurs, arrive bientôt, oùl’économie donne fes fruits ; l’on goûte alorsla paix & la tranquillité ; le retranchementdes dépenfes inutiles, multiplie les moyensde puiffance & de bonheur ; l’influence d’unebonne adminiftration n’a plus d’obftacles àvaincre, & la profpérité de l’Etat éclate detoutes parts. On croit voir une forêt long-tems négligée, & que des mains habiles, ontdégagé des plantes parafites & des branches 'gourmandes ; les arbres utiles étendent alorsleurs rameaux, leur tige s’élève avec plusd’audace , un faufile bienfaifant trouvant un
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