382 De l’Administration
Cependant, le repos de la paix & l’actiondu commerce, attirent de nouvelles richeffes ;le poids des impôts devient plus fupporta-ble, & les relfources du crédit commencentà renaître : alors auflî, l’ambition & la po-litique fe réveillent : on forme de nouveauxprojets pour s’entrechoquer & le détruire ,& les flambeaux mal éteints de la difcorde& de la guerre, fe rallument de toutesparts. Trifte deftin de la nature humaine !le cours de la fortune publique relfembîe àcelui de la vie , & les beaux jours de l’une& de l’autre, font également les précurfeursd’une longue nuit !
Où faut-il donc chercher un ad ou cille-ment à tant de maux ! où faut-il donc pla-cer quelque foible efpérance! c’eft dans lavertu des Princes, encore plus que dansleur fcience : celle-ci n’efl: prefque jamaiségale aux difficultés ; elle a peine à démêlerla vérité dans ce dédale d’intérêts, qui lacachent ou qui l’obfcurciflent : mais la vertu,ce fentiment fublime, fe trouve comme à