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2 (1861)
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ŒUVRES DE HENRI HEINE.

des douleurs insupportables, /infin, souple comme uneanguille, elle glissa d'entre mes bras, se trouva soudainau milieu de la chambre, et commença à danser pen-dant que madame mère avec son tambour, et le nainavec son triangle, faisaient résonner leur petite musiqueétouffée. Elle dansa tout à fait comme jadis auprès dupont de Waterloo et sur les carrefours de Londres. Cefut la même pantomime mystérieuse, les mêmes élansde bonds passionnés, le même renversement bachiquede la tête, les mêmes inflexions vers la terre pour yécouter une voix secrète, puis le tremblement, la pâleur,l'immobilité, et une nouvelle attention à ce qui se disaitsous terré. Elle se frotta aussi les mains comme si elle les fût lavées. Enfin elle parut jeter encore sur moiSon regard oblique, doülouretfx et suppliant... Mais cene fut que dans le mouvement de ses traits que je puslire ce regard, et non dans ses yeux qui étaient fermés.La musique sévapora en sons de plus en plus éteints,la mère au tambour et le nain pâlissant peu à peu, et sefondant comme un brouillard, disparurent entièrement;mais mademoiselle Laurence restait debout et dansaitles yeux fermés. Cétte danse aveugle, la nuit, dans cettesalle silencieuse, donnait à cette charmante créatureune apparence de fantôme qui me devint si pénible, queparfois je frissonnais, et je me sentis bien aise quandelle mit fin à sa dansé, et se glissa de nouveau dansmes brâs, avec la même souplesse quelle sen étaitéchappée.