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2 (1861)
Entstehung
Seite
373
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enfin les sons dnn triangle et dune grosse caisse. Cettemusique gazouillante et bourdonnante paraissait venirde très-loin. Cependant, quand je levai les yeux, je visprès de moi, au milieu de la chambre, un spectacle quimétait bien connu. Cétait M. Turlututu le nain, quijouait du triangle, et madame mère qui battait la grossecaisse pendant que le chien savant flairait le sol toutautour, comme pour y chercher et rassembler ses ca-ractères de bois. Le chien paraissait ne se mouvoirquavec peine, et sa peau était souillée de sang. Madamemère portait toujours ses vêtements de deuil, mais sonventre nétait plus aussi drôlement proéminent quau-trefois : il descendait au contraire dune façon repous-sante ; sa petite face nétait plus rouge non plus, maisjaune. Le nain, qui avait toujours lhabit brodé et letoupet poudré dun marquis français de lancien régime,semblait un peu grandi, peut-être parce quil avait maigrihorriblement. Il montrait encore ses ruses descrime etavait lair de débiter ses anciennes vanteries; mais ilparlait si bas, que je ne pus saisir un seul mot, et jedevinai seulement, au mouvement de sa bouche, quilrépétait quelquefois son chant de coq.

Pendant que ces caricatures-spectres sagitaient de-vant mes yeux comme des ombres chinoises, avec unmystérieux empressement, je sentis que mademoiselleLaurence, qui dormait sur mon cœur, respirait toujoursplus péniblement. Un frisson glacé faisait tressaillirtous ses membres comme sils eussent été torturés par