REISEBILDER.
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du fauteuil sur lequel j’étais assis; je m’imaginai êtrele vieux général, qui la veille avait raconté la batailled’Iéna et devait le lendemain compléter son récit, et jedis: Après la bataille d’Iéna, ma chère amie, toutes lesforteresses prussiennes se rendirent dans l’espace dequelques semaines, presque sans coup férir, Magde-bourg se rendit la première, c’était la place la plus forte :elle était armée de trois cents canons. Cela ne fut-il pashonteux?
Laurence ne me laissa pas continuer : les idées noiresavaient cessé d’assombrir sa belle figure. Elle rit commeun enfant et s’écria : « Oh ! oui, cela est honteux, plusque honteux ! Si j’étais une forteresse et que j’eusse troiscents canons, je ne me rendrais jamais ! »
Comme mademoiselle Laurence n’était pas une forte-resse et qu’elle n’avait pas trois cents canons...
À ces mots, Maximilien interrompit sa narration, etaprès une courte pause, dit à demi-voix: — Maria,dormez-vous?
— Je dors, répondit Maria.
— Tant mieux, reprit Maximilien avec un sourire; jen’ai donc point à craindre de vous ennuyer, en décri-vant un peu minutieusement comme le font les roman-ciers du jour, tous les meubles de la chambre où je metrouvais.
— Dites ce que vous voudrez, cher ami ! je dors.
— C’était en effet un lit magnifique. Les pieds, commeceux de tous les lits de l’empire, consistaient en caria-