— Oh! ne le maudissez plus, dis-je en arrêtant l’ex-pression de son dépit; il est mort, je l’ai vu mourir.
— Est-elle réellement morte, la vilaine bête? s’écriaLaurence en sautant d’une joie qui la couvrit derougeur.
— Et le nain est mort aussi ! ajoutai-je.
— M. Turlututu? s’écria-t-elle encore avec joie. Maiscette joie s’effaça bientôt, et fit place à l’air doux et tristedont elle dit : Pauvre Turlututu !
Gomme je ne lui cachai pas qu’à son heure dernièrele nain s’était plaint d’elle avec amertume, elle fut saisied’une vive agitation, et m’assura avec de nombreuxserments qu’elle avait voulu pourvoir largement à l’ave-nir du nain ; qu’elle lui avait offert une pension s’il vou-lait vivre tranquillement et avec discrétion en province.— Mais ambitieux comme il était, coutiuna Laurence,il demandait à rester à Paris, à habiter mon hôtel ; ilpensait pouvoir renouer par mon intermédiaire ses an-ciennes relations dans le faubourg Saint-Germain, etrecouvrer dans la société sa brillante position d’autre-fois. Quand je le refusai nettement, il me fit dire quej’étais un spectre maudit, un vampire, un enfant demort...
Laurence s’arrêta soudain, tremblant de tout soncorps, et dit enfin avec un profond soupir: v Hélas!plût à Dieu qu’ils m’eussent laissée dans le tombeauauprès de ma mère ! » Comme je la pressai de m’expli-quer ces mystérieuses paroles, elle versa un torrent de