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2 (1861)
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ŒUVRES DE HENRI HEINE.

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renient. — Oui, dit le jeune homme, je la connais beau-coup; je lui ai parlé dans un grand nombre de soirées.— Et il me rapporla une foule de choses insignifiantesdont il l’avait entretenue. Ce qui l’avait surtout surprisétait le regard sérieux qu’elle prenait quand il lui disaitdes choses galantes. Il s’étonnait aussi fort qu’elle eûttoujours refusé son invitation pour la contredanse, enassurant qu’elle ne savait pas danser. Du reste, il neconnaissait ni son nom ni sa situation sociale. Et per-sonne, en quelque endroit que je m’informasse, ne putm’en apprendre davantage. Ce fut inutilement que jecourus toutes les soirées possibles, je ne pus retrouvernulle part mademoiselle Laurence.

— Et c’est là toute l’histoire? — s’écria Maria en seretournant lentement et bâillant d’un air endormi ; —c’est là toute cette merveilleuse histoire? Et vous n’avezplus revu ni mademoiselle Laurence, ni la mère à lagrosse caisse, ni le nain Turlututu, ni même le chiensavant?

— Demeurez tranquille, répliqua Maximilien, je lesai revus tous, même le chien savant. Ce fut, à la vérité,dans un moment affreux pour lui que je le retrouvai àParis, la pauvre bête ! C’était dans le pays latin. Je pas-sais devant la Sorbonne, quand je vis s’élancer de laporte un chien, et derrière lui une douzaine d’étudiantsavec des bâtons, puis deux douzaines de vieilles femmes,qui criaient tous en chœur: — Un chien enragé! Lemalheureux animal avait, dans sa frayeur de mort, un