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ŒUVRES DE HENRI HEINE.
leur portée. L’espace entre leur nez et leur bouche est-il large ou resserré? Quelquefois large, quand ellesportent le nez au vent; quelquefois étroit, quand leurlèvre se dresse avec dédain. Leur bouche est-elle grandeou petite? Qui peut savoir où finit la bouche, où com-mence le sourire? Pour bien juger, il faudrait que lejuge et l’objet du jugement se trouvassent egalementen état de calme. Mais qui peut rester tranquille auprèsd’une Parisienne, et quelle Parisienne est jamais tran-quille? Il est des gens qui croient pouvoir examiner àleur aise un papillon quand ils l’ont percé et fixé sur lepapier avec une épingle. C’est folie et cruauté. Le pa-pillon attaché et immobile n’est plus un papillon. Il fautobserver le papillon quand il se joue autour des Heurs...et la Parisienne, non dans l’intérieur domestique, oùl’épingle est fichée dans son sein, mais dans le salon,dans les soirées et dans les bals, où elle voltige avec desailes de soie et de gaze brodee, aux lueurs étincelantesdes joyeuses girandoles. C’est alors que se révèle enelle un impatient amour de la vie, une ardeur d’étour-dissement, une soif d’ivresse, qui l’embellit d’une façonpresque attristante, et lui prête un charme dont notreâme est tout à la fois ravie et effrayée.
Ce besoin passionné de jouir de la vie, comme si lamort les allait appeler tout à l’heure de la source jail-lissante dii plaisir, ou que cette source dût se tarir àl’instant; cet empressement, cette rage, ce vertige desParisiennes, tels surtout qu’ils éclatent dans les bals,