REISEBILDER,
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j’appris à lire le français, fut le recueil de fables de LaFontaine. Les formes de ce langage naïvement sensés’étalent imprimées en caractères ineffaçables dans mamémoire, et quand j’arrivai à Paris, et que j’entendisparler français partout, je me rappelais à chaque instantmes fables, et je croyais toujours entendre les voixconnues de mes animaux. C’était tantôt le lion, tantôtle loup qui parlait, puis l’agneau, ou la cigogne ou lacolombe. Souvent il me semblait aussi entendre le îe-nard qui dit :
Eh! bonjour, monsieur du CorbeauQue vous êtes joli! que vous me semblez beau!
Mais ces réminiscences fablières s’éveillèrent encoreplus fréquemment dans mon âme, quand je pénétraidans cette région supérieure qu’on appelle le monde.Ce fut en effet le même monde qni fournit jadis à LaFontaine les types de ses caractères d’animaux. La sai-son d’hiver commença bientôt après mon arrivée, et jepris part à la vie de salon où ce monde se rue avec plusou moins d’empressement. Ce qui m’en parut le plusintéressant et me frappa le plus, fut moins l’égalité desbonnes manières qui y règne, que la diversité des par-ties qui le composent. Souvent quand j’observais dans unsalon les hommes qui s’y rassemblaient paisiblement, jecroyais me trouver dans un de ces magasins de curiositésoù les reliques de tous les temps gisent pêle-mêle à côtéles unes des autres : un Apollon grec près d’une pagode