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ŒUVRES DE HENRI HEINE.
Ce qui me charma le plus chez ce peuple, ce furentses manières polies et distinguées. 0 parfum de poli-tesse, parfum d’ananas, combien tu rafraîchis mapauvre âme malade qui avait avalé, en Allemagne, tantde vapeurs tabagiques, tant d’odeur de choucroute etde grossièreté ! Des mélodies de Rossini n’auraient pasrésonné avec [dus de suavité à mon oreille que lesexcuses comtoises d’un Français qui, le jour de monarrivée, m’avait heurté fort légèrement dans la rue. Jereculai presque en face d’une si douce urbanité, moidont les côtes étaient faites aux silencieuses bourradesallemandes ! Pendant toute la première semaine de monséjour à Paris, je m’arrangeai pour être heurté plu-sieurs fois, dans le seul but de me récréer avec cettemusique d’excuses. D’ailleurs ce n’était pas seulementà cause de cette politesse, mais aussi à cause de salangue que lè peuple français prenait à mes yeux uncertain air comme il faut; car, vous le savez, cheznous, dans le nord, la langue française est un des attri-buts de la haute noblesse, et le langage français s’allia,dès mon enfance, à l’idée de qualité. Et j’entendaisune dame de la halle de Paris parler meilleur françaisqu’une chanoinesse allemande de soixante-quatrequartiers.
Cet idiome, qui donne au peuple français un aircomme il faut, lui prêtait aussi, dans mon imagination,quelque chose de délicieusement fabuleux. Cela venaitd’un autre souvenir d’enfance. Le premier livre où
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