Druckschrift 
2 (1861)
Entstehung
Seite
344
Einzelbild herunterladen
 

344

ŒUVRES DE HENRI HEINE.

à amuser par des formes de mouvements extérieurs;ces formes semblaient au contraire les mots d’unelangue particulière. Mais que disait cette danse? Je nepus la comprendre, avec quelque passion que se déme-nât ce langage. Je soupçonnai seulement par instantsqu’il y était question de choses douloureuses et sombres.Moi qui, d’ordinaire, entends si facilement partout lesens figuré des choses, je ne pouvais parvenir à devinercette énigme dansée. La faute en était certainement àla musique, qui me déroutait peut-être à dessein etm’embrouillait sans cesse. Le triangle de M. Turlututuricanait quelquefois bien malicieusement ! Et madamemère frappait sa grosse caisse avec une telle colère,que sa figure étincelait sous le nuage de son bonnet noircomme une lune sanglante.

Quand la troupe se fut éloignée, je restai longtempsfixé à la même place, rêvant au sens de cette danse.Était-ce une danse du midi de la France ou une dansenationale d’Espagne? Le caractère méridional se pei-gnait assez dans l’emportement avec lequel la danseusejetait de côté et d’autre sa frêle taille, et dans les mou-vements frénétiques de sa tête, qu’elle renversait quel-quefois en arrière, à la manière de ces bacchanteséchevelées que nous voyons avec étonnement dans lesreliefs des vases antiques. Sa danse avait alors quelquechose d’involontaire, d’enivré, de fatal; elle dansaitcomme la Destinée. N’étaion!-ce pas les fragments dequelque antique pantomime? Ou n’était-ce qu’une his—

.>p*

tp*

0 kp*'<

irl«M

'* Il m saufairiIidç

Kiaontt

tij'iam

•asïwdas

Vh