REISEBILDER.
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foire privée? Parfois la jeune tille se penchait vers laterre, comme pour écouter si elle n’entendait pas unevoix monter vers elle... Elle tremblait alors commela feuille du peuplier, se repliait à la hâte en sens con-traire, et accomplissait les sauts les plus extravagants,les plus déréglés, puis rapprochait de la terre uneoreille plus inquiète qu’auparavant, faisait un signe detête, devenait rouge, redevenait pâle, frissonnait, de-meurait un instant droite comme un cierge, immobilecomme la pierre, et faisait enfin le geste de quelqu’unqui se lave les mains. Etait-ce du sang qu’elle croyaitenlever avec tant de soin? Elle accompagna cette actiond’un regard si suppliant, si attendrissant !... Et le hasardvoulut que ce regard tombât sur moi.
Toute la nuit suivante, je pensai à ce regard, à cettedanse, au bizarre accompagnement, et quand, le lende-main , je me lançai comme à l’ordinaire dans les ruesde Londres, j’éprouvai le désir le plus ardent de ren-contrer de nouveau la jolie danseuse, et j’écoutais tou-jours si je n’entendais point quelque part une musiquede grosse caisse et de triangle. J’avais enfin trouvé àLondres quelque chose qui m’intéressât, et je n’erraisplus sans but dans ses rues béantes. Je venais de sortirde la Tour et j’y avais observé attentivement la hacheavec laquelle fut décapitée Anne de Boleyn, les dia-mants de la couronne d’Angleterre, ainsi que Ips lions,quand je retrouvai sur la place de la Tour, au milieu«Vune grande foule, madame mère et sa grosse caisse,