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pipe que lui. A l’entendre, il n’aurait vécu dès son en-fance qu’avec des Souverains; les monarques actuelss’étaient élevés et avaient grandi avec lui ; il les regar-dait comme les siens, et prenait le deuil quand l’un d’euxpayait le tribut à la nature. Après ces graves paroles, ilchanta en coq.
M. Turlututu était réellement un des nains les pluscurieux que j’eusse jamais vus. Sa vieille figure ridéeformait un contraste fort drôle avec son petit corpsenfantin, et toute sa personne un contraste grotesqueavec les tours d’adresse dont il se faisait honneur. Il secampa dans les positions les plus hardies de l’escrime,et avec une rapière d’une longueur démesurée, se mit àfrapper l’air d’estoc et de taille, pendant qu’il jurait surson honneur que cette quarte ou cette tierce était irré-sistible, et qu’avec sa parade, à lui, il pouvait sûrementdélier tout homme mortel, ce qu’il voulait prouver eninvitant chacun des spectateurs à se mesurer avec luidans le noble art de l’escrime. Quand le nain eut con-tinué ce jeu pendant quelque temps, sans avoir trouvépersonne qui voulut soutenir un assaut en plein air, ils’inclina avec la vieille grâce' française, remercia pourles suffrages dont on avait bien voulu l’honorer, et pritla liberté d’annoncer à l’honorable public le spectaclele plus extraordinaire qu’on eût jamais admiré sur lesol de l’Angleterre. «Voyez-vous cette personne? dit-ilaprès avoir mis de sales gants glacés, et conduit avecune galanterie respectueuse au milieu du cercle la jeune