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2 (1861)
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ŒUVRES DE HENRI HEINE.

Eri effet, cette troupe se composait de Français, et lenain qui sannonça ensuite sous le nom de M. Turlututu,commença à déclamer en langue française et avec desgestes si véhéments, que les pauvres Anglais ouvrirentleurs bouches et relevèrent leurs nez encore plus quàlordinaire. Quelquefois, après une longue période, ilimitait le chant du coq, et ces coquericos, ainsi que lesnoms de beaucoup dempereurs, de rois et de princesquil mêlait à son discours, furent tout ce que com-prirent les pauvres spectateurs. Ces empereurs, rois etprinces, étaient, selon lui, ses protecteurs et amis.Il assurait avoir eu, dès lâge de huit ans, un long en-tretien avec sa majesté défunte Louis XVI, qui, plustard, lui demanda toujours conseil dans les occasionsimportantes. Comme tant dautres, il sétait soustraitpar la fuite à la tourmente révolutionnaire, et nétaitrevenu dans sa chère patrie quà lépoque de lempire,pour prendre part à la gloire de la grande nation. Na-poléon, disait-il, ne lavait jamais aimé; en revanche, ilavait été presque adoré par sa sainteté le pape Pie VII.Lempereur Alexandre lui donnait des bonbons, et laprincesse Guillaume de Kouhritz le prenait toujours surses genoux. Son altesse le duc Charles de Brunswick lefaisait quelquefois chevaucher sur ses chiens, et sa ma-jesté le roi Louis de Bavière lui avait lu ses augustespoésies. Les princes de Reuss, Schleitz, Kreutz, ainsique ceux de Schwarzenbourg-Sondershausen laimaientcomme un frère et avaient toujours fumé dans la même