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ŒUVRES DE HENRI HEINE.
Eri effet, cette troupe se composait de Français, et lenain qui s’annonça ensuite sous le nom de M. Turlututu,commença à déclamer en langue française et avec desgestes si véhéments, que les pauvres Anglais ouvrirentleurs bouches et relevèrent leurs nez encore plus qu’àl’ordinaire. Quelquefois, après une longue période, ilimitait le chant du coq, et ces coquericos, ainsi que lesnoms de beaucoup d’empereurs, de rois et de princesqu’il mêlait à son discours, furent tout ce que com-prirent les pauvres spectateurs. Ces empereurs, rois etprinces, étaient, selon lui, ses protecteurs et amis.Il assurait avoir eu, dès l’âge de huit ans, un long en-tretien avec sa majesté défunte Louis XVI, qui, plustard, lui demanda toujours conseil dans les occasionsimportantes. Comme tant d’autres, il s’était soustraitpar la fuite à la tourmente révolutionnaire, et n’étaitrevenu dans sa chère patrie qu’à l’époque de l’empire,pour prendre part à la gloire de la grande nation. Na-poléon, disait-il, ne l’avait jamais aimé; en revanche, ilavait été presque adoré par sa sainteté le pape Pie VII.L’empereur Alexandre lui donnait des bonbons, et laprincesse Guillaume de Kouhritz le prenait toujours surses genoux. Son altesse le duc Charles de Brunswick lefaisait quelquefois chevaucher sur ses chiens, et sa ma-jesté le roi Louis de Bavière lui avait lu ses augustespoésies. Les princes de Reuss, Schleitz, Kreutz, ainsique ceux de Schwarzenbourg-Sondershausen l’aimaientcomme un frère et avaient toujours fumé dans la même