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2 (1861)
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ŒUVRES DE HENRI HEINE.

ses blessures. Et puis , jen vins à me rappeler les his-toires les plus affligeantes. Je pensai à la rose tjiii avaitété tous les jours arrosée de vinaigre, ce qui lui fitperdre ses parfums.les plus doux, et la flétrit avant letemps... Je pensai au papillon égaré quun naturalistequi gravit le Mont-Blanc vit voltiger solitaire entre lesparois de glace... Je pensai à la guenon apprivoisée quiétait si familière avec les hommes et jouait si gaiementavec eux, mais qui un jour, à table, ayant reconnu,dans le rôti quon apportait sur un plat, son propre en-fant de singe, le saisit vivement, lemporta dans les boiset ne se fit plus jamais voir parmi ses bons amis leshommes... Hélas! je me sentis dans lâme une telleamertume, que des larmes brûlantes séchappèrent demes yeux... elles tombèrent dans la Tamise et senfurent dans le grand Océan qui a déjà englouti tant delarmes humaines, sans y prendre garde !

Il arriva dans ce moment quune singulière musiqueme tira de mes sombres rêveries. En regardant autourde moi, je vis sur le rivage une troupe dhommes quiparaissaient avoir formé un cercle autour de quelquespectacle amusant. Je mapprochai, et distinguai unefamille dartistes qui se composait des quatre personnessuivantes :

1° Une petite vieille ramassée , habillée de noir, avecune très-petite tête et un gros ventre très-proéminent.De ce ventre pendait une énorme grosse caisse sur la-quelle elle tambouivi ait impitoyablement.