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ŒUVRES DE HENRI HEINE.
ses blessures. Et puis , j’en vins à me rappeler les his-toires les plus affligeantes. Je pensai à la rose tjiii avaitété tous les jours arrosée de vinaigre, ce qui lui fitperdre ses parfums.les plus doux, et la flétrit avant letemps... Je pensai au papillon égaré qu’un naturalistequi gravit le Mont-Blanc vit voltiger solitaire entre lesparois de glace... Je pensai à la guenon apprivoisée quiétait si familière avec les hommes et jouait si gaiementavec eux, mais qui un jour, à table, ayant reconnu,dans le rôti qu’on apportait sur un plat, son propre en-fant de singe, le saisit vivement, l’emporta dans les boiset ne se fit plus jamais voir parmi ses bons amis leshommes... Hélas! je me sentis dans l’âme une telleamertume, que des larmes brûlantes s’échappèrent demes yeux... elles tombèrent dans la Tamise et s’enfurent dans le grand Océan qui a déjà englouti tant delarmes humaines, sans y prendre garde !
Il arriva dans ce moment qu’une singulière musiqueme tira de mes sombres rêveries. En regardant autourde moi, je vis sur le rivage une troupe d’hommes quiparaissaient avoir formé un cercle autour de quelquespectacle amusant. Je m’approchai, et distinguai unefamille d’artistes qui se composait des quatre personnessuivantes :
1° Une petite vieille ramassée , habillée de noir, avecune très-petite tête et un gros ventre très-proéminent.De ce ventre pendait une énorme grosse caisse sur la-quelle elle tambouivi ait impitoyablement.