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2 (1861)
Entstehung
Seite
337
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bonne provision de mauvaise humeur, et je cherchaisdes distractions chez un peuple qui ne sait lui-mêmetuer son ennui que dans le tourbillon de lactivité poli-tique et mercantile. La perfection des machines quonemploie partout, dans ce pays, à accomplir des travauxdhomme, avait aussi pour moi quelque chose de dé-plaisant et de sinistre tout à la fois. Cette vie artificiellede rouages, pistons, cylindres, et de milliers de cro-chets, goupilles, petites dents qui se meuvent presqueavec passion, me remplissait dhorreur. La précision,lexactitude, la mesure et la ponctualité de la vie desAnglais ne me tourmentaient pas moins ; car si les ma-chines en Angleterre nous font leffet dhommes, leshommes nous y apparaissent comme des machines.Oui, le bois, lacier et le cuivre semblent y avoir usurpélesprit des hommes et être devenus presque fous parexcès desprit, pendant que lhomme, dépouillé de savie intellectuelle, semblable à un fantôme vide, accom-plit , comme une machine, sa tâche habituelle. A laminute fixée il mange son beefsteak, débite son discoursau parlement, fait ses ongles, monte en diligence, oubien encore va se pendre.

Vous pouvez vous figurer sans peine combien saug-mentait mon malaise dans ce pays. Mais rien ne se peutcomparer à lhumeur noire qui massaillit un soir quejétais sur le pont de Waterloo et que je plongeais mesregards dans la Tamise. Il me semblait voir s y réfléchirmon âme, qui, du fond d° ce miroir, me montrait toutes