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(EUVRF.S DE HENRI HEINE.
y a plus de trois semaines qu’on voit ici, sur la Piazzadel Gran Duca, un Anglais qui demeure toute la jour-née, bouche béante, à contempler ce charlatan à chevalqui arrache les dents aux paysans. Ce spectacle indem-nise peut-être le noble fils d’Albion des exécutions qu’ilperd à cette heure dans sa chère patrie; car, après lescombats de boxeurs et de coqs, il n’y a pas de spectacleplus précieux, pour un Anglais, que l’agonie d’un pauvrediable qui a volé un mouton ou imité une écriture, etqu’on expose, la corde au cou, pendant une heure, de-vant la façade d’Old-Bailey, avant de le lancer dansl’éternité. Je n’exagère pas quand je dis que le vol d’unmouton et le faux, dans cet horrible et cruel pays, sontpunis à l’égal de l’inceste et du parricide. Moi-mêmequ’un triste hasard conduisit à Londres, j’y ai vu pendreun homme qui avait volé un mouton, et depuis ce tempsj’ai perdu le goût pour le mouton rôti. Auprès de luije vis pendre un Irlandais qui avait contrefait la signa-ture d’un riche banquier. Je vois encore les naïves ter-reurs du pauvre Paddy, qui, aux assises, ne pouvaitcomprendre qu’on le punît si durement pour avoir imitéune signature, lui qui permettait au premier venu d’imi-ter la sienne ! et ce peuple ne cesse de parler de chris-tianisme, il ne manque pas un prêche le dimanche, etinonde de bibles l’univers !
Je vous l’avouerai, Maria, si je ne pus rien goûter enAngleterre, ni la cuisine, ni les hommes, la faute en étaitun peu à moi-même. J’avais emporté de ma patrie une
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