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2 (1861)
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(EUVRF.S DE HENRI HEINE.

y a plus de trois semaines quon voit ici, sur la Piazzadel Gran Duca, un Anglais qui demeure toute la jour-née, bouche béante, à contempler ce charlatan à chevalqui arrache les dents aux paysans. Ce spectacle indem-nise peut-être le noble fils dAlbion des exécutions quilperd à cette heure dans sa chère patrie; car, après lescombats de boxeurs et de coqs, il ny a pas de spectacleplus précieux, pour un Anglais, que lagonie dun pauvrediable qui a volé un mouton ou imité une écriture, etquon expose, la corde au cou, pendant une heure, de-vant la façade dOld-Bailey, avant de le lancer dansléternité. Je nexagère pas quand je dis que le vol dunmouton et le faux, dans cet horrible et cruel pays, sontpunis à légal de linceste et du parricide. Moi-mêmequun triste hasard conduisit à Londres, jy ai vu pendreun homme qui avait volé un mouton, et depuis ce tempsjai perdu le goût pour le mouton rôti. Auprès de luije vis pendre un Irlandais qui avait contrefait la signa-ture dun riche banquier. Je vois encore les naïves ter-reurs du pauvre Paddy, qui, aux assises, ne pouvaitcomprendre quon le punît si durement pour avoir imitéune signature, lui qui permettait au premier venu dimi-ter la sienne ! et ce peuple ne cesse de parler de chris-tianisme, il ne manque pas un prêche le dimanche, etinonde de bibles lunivers !

Je vous lavouerai, Maria, si je ne pus rien goûter enAngleterre, ni la cuisine, ni les hommes, la faute en étaitun peu à moi-même. Javais emporté de ma patrie une

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