REISEBILDER.
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violon; il semblait que toute la création obéît à ses ac-cords. C’était l’homme-planète autour duquel tournaitl’univers avec une solennité mesurée et des rhythmescélestes. Ces belles clartés calmes qui planaient autourde lui, étaient-ce les étoiles du ciel? et cette harmoniesonore qui rayonnait de leurs mouvements, était-ce lechant des sphères dont les poètes et les voyants ontparlé dans leurs visions? Quelquefois, quand mes yeuxs'efforçaient de pénétrer au loin dans l’espace vaporeux,je croyais voir s’avancer des manteaux tout blancs, etsous ces manteaux marchaient des pèlerins gigan-tesques, avec des bâtons blancs à la main. Chose mer-veilleuse ! les pommes d’or de ces bâtons étaient cesmêmes belles clartés que j’avais prises pour des étoiles.Ces pèlerins marchaient en cercle immense autour dumusicien, les sons de son violon faisaient scintiller deplus en plus les pommes d’or de leurs bâtons, et le cho-ral qui résonnait de leurs bouches et que je pouvaisprendre pour le chant des sphères, n’était que l’échocontinu de ce violon. Une sainte et indicible ferveuranimait ces accords qui parfois vibraient, à peine sen-sibles, comme un mystérieux murmure sur les eaux,puis s’enflaient comme les mélodies du cor, au clair delune, et enfin débordaient avec une allégresse effrénée,comme si des milliers de bardes eussent saisi leursharpes et uni leurs voix dans un chant de victoire.C’était une musique comme l’oreille n’en entend jamais,une musique que le cœur seul peut rêver quand il re-